Après la Libération de l’occupation allemande, le 16 août 1944, les Drouais sont pleins d’espoir, enfin libres après quatre années de vexations et de restrictions. Mais ils s’aperçoivent très vite que la guerre n’est pas terminée.
Même exemptés des réquisitions de denrées et produits divers par l’armée allemande, la pénurie est toujours là. Les longues files d’attente devant les boutiques où les produits manquent, demeurent le quotidien des Drouais. Les tickets de rationnement ne vont disparaître qu’en 1949. La France a été très affaiblie par l’occupation allemande, par les destructions de villes et des usines de production, mais aussi par l’absence de près de deux millions de prisonniers de guerre et de travailleurs du STO, qui ne seront libérés qu’après la fin de la guerre en mai 1945. Ainsi la guerre continue.
Prise en main de l’aérodrome Dreux-Vernouillet par les Américains. Début août 1944, un bombardement du terrain de nuit par les alliés fit pas mal de dégâts aux appareils et infrastructures de l’aviation ennemie. Les Allemands n’utiliseront plus ce terrain. L’aviation américaine s’y installa alors. Le 26 août, une quarantaine de chasseurs arrivèrent à Dreux. Les alliés donnaient un nom de code à leur « Advanced Landing Ground » (Terrain d’aviation avancé). La lettre A pour les Américains et B pour les Britanniques suivis d’un numéro d’ordre. L’aérodrome de Dreux-Vernouillet devient la « station A-41 ».
L’opération « Varsity » 24 mars 1945. Opération conjointe Anglo-américano-canadienne aéroportée. Impliquant plus de 16 000 parachutistes et plusieurs milliers d'avions, il s'agit de la plus grande opération aéroportée de l'Histoire à être conduite en un seul jour et à un même endroit. Elle se situait dans le cadre de l'opération Plunder, tentative de l’armée britannique, sous le commandement de Montgomery, de traverser le Rhin et, à partir de là, de pénétrer le Nord de l'Allemagne. Une unité partit de la « station A-41 » aérodrome Dreux-Vernouillet.
Le 1er Bataillon de marche d’Eure-et-Loir. 550 membres des F.F.I, envoyés sur la Loire, sont rappelés à Dreux le 15 septembre 1944 pour former le 1er bataillon d’Eure-et-Loir qui participera aux batailles des poches de l’Atlantique en Décembre 1944-mai 1945. Les Dablin, résistants drouais père et fils, s’y engagèrent. Une place servant de parking devant l’entrée principale du cimetière de Dreux porte le nom du premier bataillon de marche d’Eure-et-Loir, ainsi qu’une stèle commémorative.
Réinstallation des autorités drouaises. Révocation du maire Moreau. Maurice Viollette fut réélu maire de Dreux, lors des élections municipales ayant eu lieu juste autour de la reddition de l’armée allemande, les 29 avril et 13 mai 1945. C’est lors de ces scrutins que les Drouaises votèrent pour la première fois en tant que citoyennes.
Les premières épurations. Les tondues. Révocations des « collaborateurs des administrations drouaises ».
Début des reconstructions au frais de la municipalité drouaise. Les dégâts occasionnés par les deux bombardements étaient importants : plus d’une centaine de maisons individuelles, la maternité, une partie de l’Hôpital, l’Hôtel Terminus, la coopérative beauceronne furent touchés. Il y eut de nombreux dégâts également à l’église, à la Chapelle Royale et à la chapelle du pensionnat St-Pierre (reconstruite en 1950 et transformée en musée municipal). Autour de Dreux, de nombreux ponts sur l’Avre et l’Eure furent détruits ainsi que le viaduc de Cherisy.
8 mai 1945. Fin de la Deuxième Guerre mondiale. À suivre...