L’Agglo de Pays de Dreux intègre la gestion de la SEMCADD

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La polémique des élus de l’agglomération drouaise autour des problèmes financiers et juridiques de la SEMCADD (Société d’Économie Mixte Construction Aménagement et Développement du Drouais) a trouvé son épilogue, lundi soir.

Au cours d’un conseil communautaire tendu, présidé par Gérard Hamel, deux options se sont affrontées. La première est celle d’Olivier Marleix, élu d’Anet et député de la circonscription. Ce dernier défendait une solution radicale pour arrêter les déficits de la SEMCADD : « L’argument de sauver 350 emplois et une quarantaine d’entreprises est fallacieux. Aujourd’hui, nous avons un delta de déficit de 24 millions d’euros en 2019. On vous demande de racheter le parc, à hauteur de la valeur de cette dette pour l’éteindre. Avoir accepté une concession de gestion sur huit ans était une erreur. En plus, une erreur structurelle concerne la création de ce parc sur un site industriel qui n’est pas adapté. Il y a eu un surinvestissement sur ce site alors que les projets industriels sont derrières nous en France. La préfecture a commis des erreurs, depuis 2016, car elle ne nous a pas informés des décisions importantes prises par la SEMCADD et qui mettaient son avenir en péril. » Olivier Marleix a considéré que le passé étant ce qu’il est, la proposition de Gérard Hamel de créer un budget annexe pose le problème de l’équilibre de ce budget. Si demain ce budget n’est pas équilibré par les loyers que nous sommes censés encaisser que doit-on faire ? »
De son côté, Michel Lethuillier, maire de Chérisy, a reproché à l’équipe dirigeante de la SEMCADD de pratiquer la cavalerie : « Emprunter pour payer un emprunt, cela s’appelle de la cavalerie. Cette situation s’est répétée plusieurs fois au sein de la SEMCADD. » L’élu a démissionné de son poste d’administrateur de l’établissement tout en refusant de participer au vote, tout comme Olivier Marleix. Jérôme Depondt, maire de Marchezais, est revenu longuement sur la lettre qu’il a adressé à Gérard Hamel en reprochant à ce dernier de ne lui avoir jamais répondu sur la situation du patrimoine, du bilan, de l’endettement ou du fonctionnement de la SEMCADD : « Les rares informations que nous avons eues étaient toujours alarmantes. »
Après avoir encaissé les critiques des opposants, Gérard Hamel a défendu sa vision et ses décisions depuis toute cette décennie tumultueuse autour du site de Philips LG Displays, devenu la Radio et géré par la SEMCADD : « En 2007, nous avions eu une friche industrielle destinée à être vendue à un casseur. J’étais personnellement à la barre du tribunal pour arracher ce site à ce genre d’implantation à l’entrée de notre agglomération. Ensuite, nous avons créé la SEM avec une concession. C’est la caisse de dépôts qui a exigé, à l’époque pour nous aider, que le président de l’Agglo soit aussi le président de la SEM. A la fin de 2019, on aura dépensé 53 millions d’euros pour faire tous les travaux nécessaires. Aujourd’hui, nous avons remboursé 33 millions qui proviennent des loyers (15 millions d’euros) et des subventions que nous sommes allés chercher. Il reste 20 millions d’euros à rembourser. On parle de gâchis et de fiasco. Je veux bien accepter toutes les critiques mais je veux remettre l’église au milieu du village. La confidentialité dans laquelle j’étais enfermé m’a empêché de vous informer de la situation. On a emprunté en associant les banques dont le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel. Il y a trois ans, j’ai souhaité renégocier avec elles les taux d’intérêt et la durée mais elles ont refusé. » Après cette longue plaidoirie de Gérard Hamel, le président de l’Agglo du Pays de Dreux a décroché l’adhésion des élus communautaires, en dehors de 5 voix contre et 9 abstentions. La SEMCADD va laisser la place à une intégration de la gestion du parc de la Radio au sein d’un budget annexe de l’agglomération drouaise.

Gérard Hamel est revenu, mardi matin sur la soirée du conseil communautaire en précisant : « Le bon sens l’a remporté dans cette affaire. J’ai fait appel à la SCET qui a fait un travail considérable autour de sept propositions. La meilleure était que l’Agglo rachète la SEM et rembourse les banques. Je me suis tourné vers la caisse des dépôts, la caisse d’épargne et la banque postale. Si je n’avais pas eu gain de cause, hier soir, je démissionnais. 93% des élus m’ont fait confiance. C’est presque un plébiscite. »
Annie Duval-Petrix

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