Philippe Hurel ardent défenseur du savoir-faire français

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La Fabrique de meubles de Coulombs a succédé aux Établissements Gouget grands-parents de Philippe Hurel, créateur de meubles d’exception reconnus dans le monde entier.

Philippe Hurel a passé le flambeau à son fils Maxime en 2016, mais poursuit sa croisade pour la défense du savoir-faire français et des métiers d’arts. Voici la vision de Philippe Hurel sur le mobilier de luxe à la française : « Dans le temps, on achetait des meubles pour être bien chez soi, pour toute une vie. Aujourd’hui, on est concurrencé par la production chinoise. C’est une perte de savoir-faire pour l’avenir et pour nos métiers sachant qu’on a la première forêt européenne. Les gens ne réfléchissent pas quand ils achètent des meubles, qu’il y a une véritable histoire derrière le mobilier. Il faut lire l’ouvrage de Jean Diwo Les Dames du Faubourg. Il raconte l’histoire du Faubourg Saint-Antoine à Paris, comment l’ameublement français est né. Tous les créateurs venaient au Faubourg, surtout ceux d’Europe du nord. Aujourd’hui, les choses ont changé, on devrait renseigner les gens sur ce qu’ils achètent, même l’État n’achète plus français. Le meuble de qualité naît grâce à des passions. Tout au long de ma carrière à la Fabrique de meubles de Coulombs, même l’ébéniste du fond de l’atelier était important et heureux de se sentir utile. Je viens de passer un mois à Paris, il n’y a, c’est une façon de parler, plus rien de français dans les magasins. On vend nos produits au Japon pour des gens très connus qui ont le respect du travail manuel. Nous aimerions qu’on respecte et qu’on incite les gens à faire quelque chose de leurs mains. On passionne des gens pour la cuisine on pourrait le faire pour d’autres métiers comme la couture ou la plomberie. Mon plombier est désolé de ne pas trouver un plombier qualifié. Il faut donner un job aux jeunes. On ne développe l’intellectuel que lorsqu’on sait faire quelque chose de ses mains. Nous avons rencontré au Japon, lors de notre denier voyage, le très grand architecte Tadao Ando, ça fait plaisir de voir que des gens comme lui apprécient notre travail. Nous avons réalisé pour un acteur très connu une cheminée du style Pompadour. Elle est dans son salon comme objet décoratif et a été réalisée entièrement à la main par un ébéniste avec du chêne teinté. C’est du savoir-faire et une reconnaissance du savoir-faire. Il faut acheter moins mais acheter mieux. On doit aux enfants une éducation et un métier. C’est une notion en perte et c’est dommage. La création c’est parfois du bon sens et de la réflexion. C’est ce qui fait la valeur des choses. En France, il y a trop de charges sociales. Les intermédiaires y gagnent beaucoup d’argent. Je voudrais qu’on donne aux gens l’envie de se renseigner sur ce qu’ils achètent. Une idée que j’ai formulée, c’est de faire venir à Dreux des jeunes chefs de talents et leur demander de concocter un repas avec les produits essentiellement du terroir pour montrer les savoir-faire de notre région. J’ai eu de la chance de rencontrer de nombreuses équipes talentueuses qui ont fait avancer notre fabrique avec moins de charges et plus de passion, le luxe français, la tradition et le savoir permettront aux jeunes d’avoir un avenir dans la créativité. »

Propos recueillis par Annie Duval-Petrix

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