Le tour du monde du Repas de Noël

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Nous sommes en France, un 24 décembre, les bougies sont allumées et se reflètent dans les boules du sapin, accrochées par les mains des petits bambins frétillants d’impatience, la table est prête, elle brille de mille feux, la dinde et ses marrons rôtissent, laissant échapper une délicieuse odeur dans le foyer, les huîtres sont ouvertes et attendent d’accompagner le foie gras et ses toasts chauds. Il ne reste plus qu’à disposer les sujets sur la bûche et le réveillon pourra commencer.

Si la revisite est à la mode, petits et grands apprécient toujours ces mets traditionnels. Dans l’hexagone, comme dans le monde entier, Noël a ses coutumes et ses traditions culinaires. Installez-vous confortablement et laissez-vous porter dans ce petit tour du monde gastronomique de Noël.

Pendant la Consoada, réveillon portugais, on mange de la morue, préparée le plus humblement possible, sans faste, ni luxe. C’est après la Missa do Galo (la Messe du Coq), qu’on déguste une farandole de treize desserts, représentant les participants de la Cène, dont le Bolo Rei, un gâteau en forme de couronne des rois, garni de fruits secs et confits.

De l’autre côté de la Manche, après avoir explosé leurs crackers pour y trouver un message humoristique, les anglais savourent une soupe d’huîtres. Elle sera généralement suivie d’une dinde aux marrons, accompagnée d’une sauce, typiquement anglaise, aux airelles, légèrement acide et se mariant parfaitement avec le gibier.

Pour l’Allemagne, fondatrice des marchés de Noël et du calendrier de l’avent, le repas du réveillon est très simple. La danse des plats traditionnels commence le 25 et on déguste alors, dans la majorité des cas, une oie rôtie ou farcie, accompagnée de légumes et de fruits. La note sucrée vient ensuite avec le Christstollen, un pain aux fruits secs et confits, farci de crème d’amande et recouvert de sucre glace.

En Espagne, le Père Noël a bien pâle figure face aux Rois Mages. Il n’a pas réussi à les détrôner et ce sont bien eux qui apportent les cadeaux aux enfants, le 6 janvier, jour de l’Epiphanie. Cependant, la nuit du 24 décembre, la Noche Buena reste le coup d’envoi des festivités. Ce soir-là, en Castille, après les fruits de mer et un bouillon de légumes et boulettes de viande, on savoure un Besugo, une dorade très fine. Les papilles se ravissent ensuite de turrón, le nougat espagnol, de biscuits comme le Mazapán, à base d’amandes moulues ou le Palvorón, fait d’amandes, de citron et cannelle.

En Afrique du Sud, le soleil n’entache en rien l’esprit de Noël. Ainsi, c’est à la plage, ou au bord d’une piscine, qu’on se réunit en famille, autour d’un Braai, le barbecue traditionnel.

Notre voyage se poursuit en Estonie, où Noël, c’est avant tout la célébration du solstice d’hiver. Le repas du réveillon se compose de porc, choucroute, pain d’épice et bière. On laissera traditionnellement la nourriture sur la table et le feu de la cheminée jusqu’au matin, pour chasser les mauvais esprits.

Toujours en Europe de l’Est, le 24 décembre, c’est lorsque les enfants aperçoivent la première étoile dans le ciel, que les festivités commencent. On partage alors l’opłatek (pain azyme similaire à l’hostie) en échangeant des vœux de bonheur, de paix et de santé. Certains le partagent aussi avec leurs animaux, car on dit, qu’à minuit, ce soir-là, ces derniers parlent le même langage que les hommes. Suivent traditionnellement douze plats, sans viande, qui représentent les douze apôtres.

Alors que le Noël italien est souvent symbolisé par le Panettone, une brioche fourrée de raisins secs, fruits confits et zestes d’agrumes, au pays du soleil levant, la tradition est des plus surprenante. Davantage célébrée en couple, comme les prémices de la Saint Valentin, les amoureux réveillonnent pour la plupart, autour d’un plat de poulet frit ! Cette tradition est née en 1944, suite à une publicité de l’enseigne KFC qui a réussi le tour de force de mettre son poulet pané au menu du réveillon des japonais.

Aux Etats-Unis, après avoir cherché la décoration en forme de cornichon, cachée dans le sapin, qui porte chance à qui la trouve, on se retrouve pour savourer un délicieux Eggnog, ou lait de poule, à base de lait, sucre, jaune d’œuf, parfumé à la muscade ou à la cannelle pour les enfants, ou agrémenté de whisky, rhum ou eau de vie pour les plus grands.

Enfin, notre, partiel, tour du monde se termine au Pays du Père Noël, la Finlande, où le repas du réveillon, après avoir savouré des plats à base de viande, saumon et légumes, se termine sur un riz au lait, qui cache une amande secrète. Trouvée, elle portera chance.

Cette année, vous pouvez rester attaché aux traditions culinaires de vos origines, ou les revisiter, ou même explorer celles d’autres cultures, ce qui est sûr, c’est que le réveillon, c’est le moment de mettre les petits plats dans les grands et de satisfaire votre gourmandise et celle de vos proches.

Finalement, une jolie table, un repas préparé avec amour, la famille réunie et des étoiles dans les yeux des enfants, ce sont des ingrédients qui n’ont pas de frontières.

Manon BROUSSEAU

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