Daniel Frard reçoit la médaille d’honneur échelon or

0

Entretien avec Daniel Frard
Maire de Vernouillet

Il est chartrain de naissance mais vernolitain d’engagement. Avec sa barbe blanche bien taillée et sa moustache fournie, Daniel Frard a marqué la vie politique locale depuis 35 ans dont 21 ans de mandat de maire de la commune. Il a été décoré par la préfète d’Eure-et-Loir, Sophie Brocas, de la médaille d’honneur régionale, départementale et communale, échelon or, le 3 juin dernier.

M Ta Ville : Quel est votre sentiment à cette occasion ?

Daniel Frard : 35 ans élu municipal et 21 ans maire de Vernouillet me rappellent que je suis venu à la vie municipale à la suite d’un engagement sportif. Joueur de handball au COV (Club Omnisports de Vernouillet), j’étais secrétaire du club. Un jour à la fin d’un match, Maurice Legendre, maire de l’époque, m’a interpellé pour me demander de le rejoindre sur sa liste aux élections municipales.

M Ta Ville : Comment cela s’est passé ?

DF : Après les élections de 1983, il m’a désigné en tant qu’adjoint aux sports. Après ce premier mandat, j’ai obtenu en 1989, le poste d’adjoint aux finances et à la communication. Vernouillet a connu une période de développement rapide. De 900 habitants en 1953 à plus de 12.700 aujourd’hui. C’est la cinquième ville du département. Je me souviens du passage de témoin par Maurice Legendre en 1997, à l’occasion de ses 50 ans de mandat municipal.

M Ta Ville : Comment avez-vous vécu l’arrivée du FN ?

DF : Bien que le Front National ait eu des élus locaux à Vernouillet dans le sillage de l’ascension des Stirbois à Dreux, il n’a jamais pu exercer le pouvoir sur notre commune. Aux dernières élections, en 2014, le FN n’a pas pu trouver les 33 noms pour monter une liste à Vernouillet.

M Ta Ville : Et aujourd’hui ?

DF : Je suis conscient de la rapidité de l’évolution de la vie publique et du monde actuel. Regardez les résultats des dernières élections européennes qui a vu la montée des populismes et l’effondrement de la droite et de la gauche réunies mais les choses peuvent changer rapidement.

M Ta Ville : Votre engagement au PS ?

DF : L’engagement de mon père était dans le monde associatif. Ma première année de Fac était en 1967-68. Cela laisse des traces et par conséquent cela a conditionné mon engagement au sein du parti socialiste. Aujourd’hui, la situation est plus éclatée et le paysage politique a explosé.

M Ta Ville : Quel est votre position sur les élections municipales de 2020 ?

DF : Pour les élections municipales de 2020, les gens vont élire des listes mais autour d’un projet pour la ville. Nous avons des sensibilités de gauche différentes qui font plus de voix que le rassemblement national. L’équipe municipale de Vernouillet a réalisé un développement maîtrisé de la Ville, une action sociale nécessaire et des services au public et aux enfants qui sont les citoyens de demain. Le projet de Vernouillet dépasse les personnes.

M Ta Ville : Quel est votre position ?

DF : Mon souci est de faire en sorte que le projet de la ville se poursuive avec ou sans moi. Le paysage est tellement éclaté que les choses vont encore évoluer. Je dis que si mes collègues qui se projettent dans les prochaines élections pensent que je dois partir et que c’est la bonne solution, je m’en vais !

M Ta Ville : Et un départ avec transmission du flambeau au milieu de mandat, comme l’a fait Maurice Legendre avec vous ?

DF : Ce n’est pas mon choix. Je ne suis pas comme Maurice pour dire, voilà, c’est comme ça ! je l’ai décidé. A moins qu’il y ait une liste qui me dise : c’est toi qui décides et on te suit ! Ceci dit, j’ai 72 ans et je ne me vois pas aller jusqu’à 78 ans.

Propos recueillis par Annie Duval-Petrix

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire
Veuillez entrer votre nom ici