Évreux : danser pour se faire entendre


« Dansez, dansez, sinon nous sommes perdus », un collectif national a repris ces mots de la chorégraphe Pina Bausch, appelant professeurs et élèves à se mobiliser pour défendre l’enseignement artistique.

Suivant cet appel, le studio de danse ébroïcien Dance Attitude a rassemblé ses troupes, bien décidé à se faire entendre. Retour sur ce dimanche 3 janvier, place de l’Hôtel de Ville …  Dress Code : noir, un mot d’ordre : détermination, une passion commune : la danse et surtout un appel au secours… la culture en deuil ! Réouverture en septembre avec un protocole sanitaire drastique suivie d’une fermeture fin octobre et d’une reprise des cours uniquement pour les mineurs le 15 décembre, les studios de danse ne savent plus sur quel pied danser. Des chorégraphies mais surtout des messages à la clé, « The Show Must Go On » de Queen et « Quoi qu’il arrive » de Keen’v, élèves et professeurs ont dansé pour que l’histoire continue. Émue, la directrice artistique du studio, Vanessa Morel clôture cet événement festif qui a réuni une centaine de personnes.  « La danse est essentielle ! Et pourtant nous sommes seuls, nous subissons et n’avons aucune date sur laquelle nous projeter pour une possible réouverture. Nous sommes coincés entre le mécontentement des adhérents que nous comprenons bien et des mesures gouvernementales incompréhensibles ». Après une rentrée chaotique, une baisse de fréquentation due au COVID, un protocole sanitaire aux petits oignons, l’équipe se retrouve à la case départ. « On a dû supprimer 5 à 7 élèves par cours, on a investi dans des litres de gel hydroalcoolique, fermé les vestiaires … 57 élèves ont débuté les cours en septembre et n’ont pas réglé leur cotisation, sans compter la quarantaine qui n’a pas repris de licence par peur du COVID. Nous avons perdu près d’une centaine de danseurs » détaille Vanessa Morel. Pour le plaisir de se retrouver, Julie et Laurence ont enchainé les pas de danse auprès de leurs filles, Clémence, Jeanne et Émeline, danseuses aguerries. « C’était important pour nous de venir soutenir le studio qui vit vraiment une époque difficile ! » regrettent les deux mamans. Toujours mobilisée et solidaire, l’association a multiplié, en sept ans d’existence, les participations à des actions caritatives. Jusqu’alors à l’aise en trésorerie, elle n’a jamais sollicité la subvention Mairie. « Nous en avons fait la demande cette année pour la première fois, nous n’avons reçu ni aide, ni réponse… ». Si la situation devait perdurer, les protagonistes n’écartent pas la piste de réitérer l’expérience.                              



Aurélie BOURGEAUX
13/01/2021