Vie locale

Un voyage pour une vie meilleure : Noam court avec ses copains

Rédigé le 12/09/2019
Annie Duval-Petrix


Le petit garçon, âgé de 5 ans et demi, a subi deux opérations aux États-Unis. Une solution coûteuse soutenue par une chaîne de solidarité unissant particuliers et associations dont le Rotary Club de Dreux et quatre Rotary Clubs américains.

L’émotion était palpable, ce lundi soir, dans le parc du domaine de la Reposée à Fermaincourt. Sur la pelouse verdoyante, Noam courait en riant avec son frère et sa sœur sous l’œil attendri de Rkia et Abderrahmane El Armouzy, ses parents, et d’une vingtaine de membres du Rotary Club de Dreux. Ce soir-là, la famille était venue raconter les quatre semaines passées à Saint-Louis aux États-Unis où Noam a subi deux opérations chirurgicales réalisées par les professeurs Park, spécialisé en neurochirurgie, et Beurk, spécialisé en orthopédie. La première opération a eu lieu le 16 juillet, la seconde le 30. « Noam était atteint d’une paralysie cérébrale, une diplégie spastique qui l’empêchait de marcher correctement. C’est un problème cérébral qui agit sur les tendons. Il avait du mal à tendre ses jambes et tombait très souvent. Le problème risquait de s’aggraver avec l’âge », rappelait sa maman. N’ayant trouvé aucune solution en France, la famille s’est tournée vers les États-Unis. Il en coûterait 50 000 € de frais médicaux auxquels il fallait ajouter les frais du voyage et d’hébergement pour toute la famille. Une vaste chaîne de solidarité s’est mise en place pour soutenir le projet. De nombreuses associations et particuliers ont organisé des manifestations pour collecter des fonds dont le Rotary Club de Dreux. « Au-delà d’une participation financière, nous avons souhaité apporter une participation de cœur dans l’esprit rotarien international. L’opération a été organisée avec la bienveillance américaine de John Higdon, membre du Rotary Club de Crest Wood et coordinateur de l’opération aux États-Unis », indiquait Christophe Le Ciclé, membre du Rotary drouais. « Nous sommes partis, du 12 juillet au 12 août, grâce à vous. Ce ne fut pas un séjour essentiellement médical. Nous avons pu faire des rencontres et visiter de nombreux endroits. Comme le zoo, la maison de sciences, un camion de pompier ou encore le cockpit d’un avion. Nous avons été magnifiquement accompagnés par les membres des clubs américains mais aussi par les interprètes de l’Alliance Française qui nous ont assisté pour les entretiens avec les médecins », poursuivait Rkia El Armouzy. « La première opération s’est très bien passée. Pendant l’opération, nous avons été invités à nous rendre dans une des salles d’une maison Mac Donald où une collation nous attendait. Les infirmières nous donnaient des informations toutes les heures. C’était très rassurant ». Les premiers mots de Noam à son réveil : « Maman, est-ce que mes jambes sont bien droites ? » L’enfant n’a jamais été douloureux. « À l’hôpital, Noam avait pris ses médicaments antidouleur mais de retour à la maison il les refusait. Il n’avait jamais mal », se souvient Rkia El Armouzy. La deuxième intervention fut un peu plus compliquée. « Noam était stressé et pleurait. Son papa a été invité à revêtir la tenue adéquate pour l’accompagner au bloc ». Hospitalisé cinq jours, l’enfant a ensuite subi de nombreuses séances de rééducation dont certaines sous péridurale et doit porter des attelles pendant huit semaines. Le résultat est là. Noam court avec ses copains. Il est rentré à l’école de Luray en CP comme tous les autres enfants même si tout n’est pas terminé. Il faut poursuivre la rééducation. « Nous allons envoyer Noam à Madrid dans un centre spécialisé où il bénéficiera d’entraînements intensifs trois heures par jour avec un exosquelette pour réhabituer son cerveau aux mouvements de la marche. Il est prévu de lui trouver un coach sportif et de l’inscrire à la natation et à l’équitation », explique le papa. L’association Tous ensemble pour Noam a pour projet d’aider d’autres enfants dans le besoin d’aide médicale.