Vie locale

Les drouais retrouvent leur théâtre métamorphosé

Rédigé le 10/10/2019
Annie Duval-Petrix


Le théâtre de Dreux, créé en 1910, a subi dix-neuf mois de travaux. Une totale métamorphose inaugurée vendredi 4 octobre par de nombreux élus et personnalités en compagnie de Sophie Brocas, préfète d’Eure-et-Loir.

« Inauguré en 1911 par Maurice Viollette, cette salle des fêtes a progressivement pris ses lettres de noblesse devenant un théâtre où sont passés des gens célèbres comme Jacques Chirac, Eugène Ionesco ou encore Édith Piaf », rappelait Gérard Hamel, maire de Dreux, après avoir dévoilé la plaque inaugurale située dans le hall d’entrée en compagnie de Sophie Brocas, préfète d’Eure-et-Loir. Le théâtre n’avait jamais fait l’objet de travaux d’envergure hormis quelques rénovations de préservation. Après dix-neuf mois de travaux, les drouais retrouvent un théâtre entièrement repensé, plus fonctionnel et moderne tout en gardant son lustre d’antan. Stéphane Millet et Jean-Pierre Monceyron, architectes, ont eu en charge de mener à bien le projet. La façade d’origine a été recréée dans un souci d’harmonisation et de valorisation du patrimoine. Les briques rouges cachées sous un crépi vieillissant ont été remises en valeur. La façade arrière totalement réinventée. De forme cubique, elle couvre 110 m2 au sol. La salle de spectacle a retrouvé son charme d’époque, les sièges bleus ont été remplacés par 475 sièges rouges ainsi que le rideau de scène. Plus confortables, ils sont escamotables pour permettre de transformer la salle de théâtre en salle des fêtes. Les plafonds blancs et or ont gardé leur charme d’antan dans l’esprit des bas-reliefs de la scène. Une fosse d’orchestre a été recréée, elle peut accueillir des formations de 25 à 30 musiciens. L’ensemble des équipements son et lumière a été changé. Un pont lumière motorisé a été ajouté. Le théâtre dispose d’un nouveau hall d’accueil abrité pour éviter les files d’attentes extérieures. Il est avant tout un espace de vie et de rencontre permettant d’échanger avec les artistes à l’issue des spectacles. Il dispose d’un bar et d’une partie restauration. L’ancien foyer, qui verra prochainement le retour de la statue de Jean de Rotrou restaurée, conserve sa place centrale et sa fonction de salle annexe pour des productions plus intimistes. « Ce nouveau théâtre est un monument et nous avons choisi qu’il soit en centre-ville sur la place des arts à deux pas de l’Odyssée et du conservatoire de musique », indiquait Christophe Le Dorven, adjoint au maire en charge de la culture, avant rendre hommage à Michel Jeffrault, comédien et metteur en scène drouais, disparu il y a quelques mois. « Une loge portera le nom de Michel Jeffrault, les autres porteront les noms de Jean de Rotrou, Philidor et Édith Piaf qui a donné son dernier spectacle sur cette scène en 1959, Charles Denner, comédien bien connu à Dreux, Jacqueline Maillan qui a habité Anet et avait ses habitudes à Dreux. La loge collective portera le nom des frères Jacques qui, eux aussi, ont donné leur dernier spectacle à Dreux. Le foyer porte le nom de Raymond Bussières, acteur de cinéma et de théâtre, né à Ivry-la-Bataille. Il a grandi à Dreux et y a fait ses études. Il était le représentant du syndicat national des artistes », confiait Christophe Le Dorven. « La France est un pays d’art et de culture mais elle reste un défi. Trop de français sont éloignés de la culture en particulier dans le milieu rural et même dans les quartiers. En 2018, seul un quart des français a assisté à au moins une pièce de théâtre dans l’année. Ces personnes, jeunes ou moins jeunes, méritent qu’on leur ouvre de si belles portes », concluait Sophie Brocas. En soirée, la générale d’Orphée aux enfers d’Offenbach ouvrait la saison culturelle de Dreux.

En chiffres :
19 mois de travaux, 250 m2 de nouveaux espaces reconstruits,
une capacité de 475 places, coût 3 700 00 € HT. 

Financeurs :
Conseil départemental : 500 000 €,
Conseil Régional : 72 100 €,
préfecture de région : 300 000 €.