Vie locale

Mina Daoudi reçoit la distinction suprême

Rédigé le 10/10/2019
Annie Duval-Petrix


Mina Daoudi, directrice de la Mission locale et présidente du mouvement du Nid, reçoit les insignes de chevalier dans l’ordre du mérite des mains de Sophie Brocas, préfète d’Eure-et-Loir.

Mina Daoudi a choisi la Passerelle à Vernouillet, dans le quartier des Vauvettes, où elle a grandi pour organiser cette cérémonie solennelle de remise de médaille. « La plus haute distinction honorifique française car elle témoigne de la reconnaissance de la République à des personnes qui, comme vous, ont rendu des services à leur pays et à leur patrie. Elle sanctuarise de vos talents et de votre dévouement au service des autres », indiquait Sophie Brocas. En ce mercredi 27 septembre, de nombreuses personnalités étaient réunies autour de la récipiendaire pour lui témoigner reconnaissance et affection. Élus, famille, collaborateurs et amis ont vécu un grand moment d’émotion au récit de la vie et des combats menés par Mina Daoudi tout au long de son existence. « Une vie riche de combats et de victoires, celle d’une femme de courage et de conviction dévouée à l’égard des jeunes et des publics les plus fragiles. Une femme d’engagement », poursuivait la préfète. Issue d’une famille aimante, soudée et fusionnelle, Mina Daoudi est très attachée à ses parents à leurs valeurs. « Ils sont le fondement de votre ancrage, de votre double culture », poursuivait Sophie Brocas. Mina Daoudi a grandi aux Vauvettes dans un quartier riche, d’une grande mixité sociale avant de déménager avec ses parents pour Saint-Rémy-sur-Avre. Bonne élève au lycée Rotrou de Dreux, bac en poche, elle part à Tours pour y décrocher un DEUG en psychologie, puis se dirige vers une filière plus concrète avec un BTS de gestion à Chartres. L’entrée dans la vie professionnelle ne se fait pas en douceur, victime de discriminations parce qu’elle est une femme maghrébine, elle met un point d’honneur à résister et à combattre l’inégalité des chances, consciente que le chemin est semé d’embûches. Après être passée par une entreprise d’intérim où elle était chargée d’un portefeuille de 600 intérimaires, en 2003, Mina Daoudi est recrutée par Daniel Frard, président de la Mission locale, en tant que conseillère, au cœur du quartier des Oriels. Elle y est confrontée à des réalités sombres, la radicalisation et la misère sociale, culturelle et affective. En 2005, Mina Daoudi est nommée directrice adjointe et en 2011, elle en devient la directrice. « Des promotions, justes récompenses de votre dévouement. Avec les vingt-cinq salariés de votre équipe, vous venez chaque année en aide à 4 400 jeunes, ajoutait Sophie Brocas. Sans oublier cette inlassable générosité, ce souci sans cesse renouvelé de l’autre et cet engagement fécond vers le lien intergénérationnel, la culture et les arts pour les jeunes, les femmes les plus vulnérables avec le Nid mais aussi envers les jeunes réfugiés ou les actions humanitaire au Maroc pour soutenir la scolarisation des enfants et offrir des fournitures scolaires ou venir en aide aux femmes qu’il faut mettre à l’abri, menacées par les coups de leur conjoint. C’est tout cela que cette médaille vient récompenser ». De son côté, Mina Daoudi est revenu sur sa vision sur son propre engagement : « L’engagement est héréditaire et mon travail à la Mission locale, une évidence. Les causes que je défends : notre jeunesse, elle est notre richesse, notre avenir, notre espoir et celle des femmes. Je me présente devant vous en féministe décomplexée et assumée. Les inégalités salariales, la discrimination sexuelle, les violences sexistes, les violences sexuelles, le harcèlement de rue, le cyberharcèlement, le viol, la prostitution, les violences physiques et les violences morales, le féminicide, je veux dire stop, ça suffit ! Il faut donner aux femmes l’envie de réussir, de se battre de se défendre. Nous ne sommes pas le sexe faible. Nous sommes fortes ! Aucune femme ne doit plier face à la pression de la rue, du quartier et des amis de la famille ».