Vie locale

Deux projets de méthanisation en cours sur l’agglomération drouaise

Rédigé le 24/10/2019
Annie Duval-Petrix


Deux projets de méthanisation sont en cours sur les communes de Germainville et Tremblay-les-Villages. Une production de biogaz local dont Gedia sera le distributeur.

Deux délibérations ont été soumises au vote des élus de l’Agglomération du Pays de Dreux à l’occasion du dernier conseil communautaire qui se tenait à Sorel-Moussel, le 30 septembre dernier. Il s’agissait d’autoriser la SAML Gedia, présidée par Jacques Lemare, à rentrer à hauteur de 15 % et 20 % dans le capital de deux sociétés créées par des agriculteurs de Germainville et Tremblay-les-Villages en vue de construire deux unités de méthanisation. « Ce sont des projets basés sur des intrants 100 % agricoles maîtrisés en totalité par les porteurs de projets sur une base majoritaire de CIVE (Cultures Intermédiaires à Valeur Énergétique) qui seront cultivées sur une superficie de 600 ha à Germainville et 700 ha à Tremblay-les-Villages », annonçait Gérard Hamel, président de l’Agglomération. Michel Lethuillier, maire de Chérisy, et Jean-Jack Bieuville, maire de Germainville, sont opposés au projet de Germainville et espèrent le lancement d’une enquête publique. « Gedia a été approchée pour participer au capital de ces sociétés. Pour notre expertise en la matière et pour le rachat de la production de gaz. Gedia est très intéressée car une circulaire ministérielle de juillet 2019 préconise le verdissement du gaz », ajoute Gérard Hamel. Le gouvernement souhaite que les entreprises locales de distribution de gaz tendent vers l’objectif de 10 % de gaz vert d’ici 2030. « Nous avons déjà tenté de participer à ce genre d’opérations qui n’ont pas abouti. La France est relativement en retard par rapport à l’Allemagne où on compte 10 000 unités de production de gaz vert contre 700 en France. Le verdissement du gaz est un enjeu important pour notre pays, cela nous conduit vers l’indépendance énergétique et cela évite de n’avoir que du gaz d’origine fossile. » Selon le président de l’Agglo du Pays de Deux, les deux projets en cours seraient intéressants car « ils sont localisés relativement loin des habitations et alimentées par des résidus de cultures et des cultures intermédiaires. Ce sont des cultures réalisées entre les deux saisons destinées à alimenter l’usine. Ce qui permet de ne pas avoir recours à des apports extérieurs où l’on pourrait craindre l’arrivée d’intrants d’élevages d’animaux. Nous considérons que la méthanisation est aujourd’hui la technique la plus prometteuse ». En matière électrique, Gedia produit aujourd’hui trois types de produits : l’éolien, le photovoltaïque et l’hydroélectrique. « Cela représente une fois et demie ce que les foyers drouais consomment et c’est déjà de l’électricité verte que l’on injecte dans les réseaux. Sachant que ce sont les obligations faites dans le futur, c’est le moyen pour nous de soutenir deux installations à notre porte », explique Jacques Lemare. « J’ai refusé toutes les demandes d’installation de méthanisation sur ma commune comme celle qui avait été projetée et refusée sur la commune de Marchezais parce qu’elle était trop proche des habitations. Je redoute les nuisances comme les odeurs nauséabondes rapportées par les vents portants. Des odeurs qui sont le signe d’échappements de gaz qui pourraient rendre la méthanisation moins vertueuse qu’annoncée », confie le maire de Chérisy qui s’appuie sur les dires d’un collectif alerte sur les dérives de la méthanisation conseillant d’éviter le modèle allemand « qui entraîne un développement non maîtrisé de la filière et l’accaparement des terres agricoles pour la production d’énergies. C’est sans compter sur les digestats qui sont les résidus produits par les unités de méthanisation et épandus dans les champs, provocateurs d’appauvrissement des sols. La méthanisation est une nouvelle source de revenus potentiels pour les agriculteurs mais elle présente le risque que des cultures voire des élevages ne soient spécialement dédiés à alimenter les méthaniseurs », ajoute Michel Lethuillier.