Vie locale

TIB s’investit dans l’économie circulaire


La Tôlerie Industrielle de Brezolles (TIB) est spécialisée dans les cellules transférables pour les véhicules utilitaires. L’entreprise compte une centaine de salariés engagés dans l’économie circulaire.

La Tôlerie Industrielle de Brezolles se définit comme carrossier-constructeur. « Cela représente 60 % de notre activité. Nous recevons les châssis du constructeur sur lesquels nous installons des cellules carrées transférables. Vu que les châssis ont une durée de vie plus courte que les cellules, lorsqu’ils sont déclarés usagés, la cellule est démontée, rénovée, réparée puis remontée sur un nouveau plancher. Cette opération peut se répéter plusieurs fois. Elle permet d’économiser des ressources, explique Philippe Sandrin, PDG de l’entreprise. Nous fabriquons des cellules pour les secours, les pompiers, le SAMU, la DIR (Direction des Routes), la SNCF et des particuliers. » Le brevet de cellules transférables a été créé avant que Philippe Sandrin ne rachète l’entreprise, il y a 15 ans. « Il a été déposé en 2004. J’ai ensuite œuvré pour le faire vivre, il y avait déjà eu des essais dans les années 1990 mais cela n’avait pas marché. J’ai trouvé cela dommage et je me suis lancé dans la bataille », confie Philippe Sandrin. Le principe de relancer l’économie circulaire est récent. C’est un mode de fonctionnement chez TIB qui garde un client entre 25 et 30 ans et parfois une cellule est montée sur trois châssis. « L’intérêt de l’économie circulaire est d’avoir un outil de travail pour construire et réparer. Il faut remettre l’entreprise au cœur de son produit. Nous n’avons pas de sous-traitants, tout est fait ici. Certains de nos clients changent de châssis tous les 5, 6 ou 8 ans même s’ils payent leur cellule 25 à 30 % plus chère, ils savent qu’elle sera transférée, rénovée et réparée ici. C’est un rapport gagnant-gagnant, nous avons des relations saines et durables avec nos clients ». Le patron assure que la base de l’économie circulaire se trouve dans la ressource humaine. « Nous touchons tous les systèmes de l’économie circulaire : l’éco-conception, l’écologie industrielle, l’économie de fonctionnalité, le réemploi, la réparation et rénovation, la réutilisation, le recyclage avec au cœur de tout cela les ressources humaines. Au cours de ce cycle, les matériaux, l’environnement, les énergies et les hommes sont respectés et priorisés. » Aujourd’hui, le modèle de l’économie circulaire se veut également générateur d’emplois. « Quand j’ai repris l’entreprise, nous étions 32, nous sommes désormais une centaine dont 25 % de femmes. Pour pérenniser l’entreprise, j’ai investi dans du matériel performant. Nous n’avons pas de concurrents en France. Nous avons neutralisé l’importation. Le concept de produit durable est une réalité made in France. Il est obtenu grâce à des processus industriels optimisés moins énergivores et moins consommateurs de ressources avec un parti pris pour des matières écoresponsables, 50% à minima du prix de revient unitaire est français et le produit prend ses caractéristiques essentielles en France ». Philippe Sandrin souhaite exporter un nouveau concept de cellules sur poids-lourds en Allemagne, en Belgique et dans tout le nord de l’Europe. Pour concrétiser ce projet, TIB participera en 2020 au premier salon mondial de la sécurité qui se tiendra en Allemagne. « L’entreprise sera aidée par la région Centre-Val de Loire. Le coût du stand est de 70 000 €. Nous participons à hauteur de 20 000 € », explique Valentino Gambuto, conseiller régional en charge du développement économique à l’occasion d’une visite de l’entreprise. La Région avait déjà aidé au développement des cellules à hauteur de 120 000 € pour financer les crash tests en 2018.



Annie Duval-Petrix
29/10/2019