Vie locale

HUMElab développe une nouvelle technologie tactile


Elle s’appelait Totem Vision Système et était installée à Garancières-en-Yvelines. La société HUMElab a déménagé sur le site de la Radio à Dreux, et depuis, elle s’est lancée à la conquête du marché via de la croissance externe et de la recherche.

L’aventure des deux patrons de Humelab, Boris Bourbon et Wesley Palanicaouden, a commencé dans le département des Yvelines autour de la société Totem Vision Système (TVS) appartenant au père de Boris Bourbon. « À l’origine, mon père et mon frère travaillaient tous les deux dans le secteur de la signalétique des enseignes. Au décès de mon frère, je me suis rapproché de mon père et en 2006, j’ai repris l’entreprise familiale TVS. L’associé de mon père avait conçu un logiciel d’affichage dynamique. Là, j’avais vu que l’avenir est à ces produits qui s’intègrent dans les totems ».  C’est en 2011 et la rencontre avec Wesley Palanicaouden qu’intervient la création de HUMElab avec pour objectif de devenir un fabricant français de mobiliers design. « En 2014, on cherchait à s’implanter dans des locaux plus grands et nous avons trouvé le Parc de la Radio. On était cinq collaborateurs. On s’était installé dans un bâtiment qui faisait 400 m2. Et en août 2016, on est arrivé, avec une dizaine de salariés, dans nos locaux actuels de 5 100 m2 ». Rapidement, en 2017, HUMElab cherche à se développer et rachète l’entreprise chartraine Victoria Image et Son (VIS), à la barre du tribunal. « Son métier est l’installation et la maintenance d’écrans dans les chambres d’hôtels. On la rebaptisée Victoria Digital et on a repris les 15 employés. Depuis mars 2019, toute l’activité est centralisée à Dreux », ajoute Boris Bourbon. La croissance externe de HUMElab ne s’arrête pas là puisqu’en mai 2019, les deux patrons reprennent Vision Media Partner (VMP) à la Ciotat, avec ses cinq salariés. Au total, le petit groupe HUMElab en 2019 compte 44 salariés et fait un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros dont 6 millions sur HUMElab, 6,5 millions sur Victoria Digital et 1,8 million sur VMP. « Notre entreprise possède une cellule Recherche et développement à Grenoble et des bureaux au Cannet. Aujourd’hui, dans les locaux de la Radio à Dreux HUMElab compte une cinquantaine de salariés ». Les dirigeants veulent aller plus loin : « Notre ambition est de créer un système d’exploitation dédié aux tables tactiles. Dès 2012, nos tables tactiles étaient motorisées par un système pour les ordinateurs types Windows. Une table est un outil de convivialité, l’idée était d’utiliser la table pour recréer du lien social. Créer un système d’exploitation qui soit un Mutual Computer pour que sur le même écran, on doit avoir la même liberté que sur son téléphone portable. C’est une révolution car cela n’existe pas. La sortie est prévue fin avril. Le problème avec les pouvoirs publics, c’est que notre travail n’est pas considéré comme de la recherche et on nous a refusé le crédit d’impôt. Nous avons réinjecté 800 000 €. Le projet a coûté entre 5 et 10 millions d’euros avec les fonds propres et l’aide de la région avec 400 000 €. Je reconnais qu’en arrivant à Dreux, je ne pensais pas que ce territoire allait nous faciliter la tâche grâce à l’agglomération, la région et BPI. C’est un immense pari. Nous allons faire un crowdfunding pour voir si cela va prendre et financer le projet en collaboratif ».  Valentino Gambuto, conseiller régional, a soutenu HUMElab dans son effort de développement grâce à une subvention de 400 000 € : « Dans la continuité des rencontres franco-italiennes, qui se sont tenues en Centre-Val de Loire début octobre, la Région et son agence de développement économique, Dev'up, ont participé le 15 novembre 2019 au 3ème forum France-Italie de l'entreprise familiale organisé par l'IREFI (Institut des Relations Economiques France Italie) à Rome. Dans la délégation de chefs d’entreprises se trouvaient des drouais dont HUMElab. L’objet était aussi de permettre à nos entrepreneurs d’aller vers le marché italien et proposer leur savoir-faire », précise l’élu.

Photo : De gauche à droite, Wesley Palanicaouden, Valentino Gambuto et Boris Bourbon



Annie Duval-Petrix
07/02/2020