Vie locale

Covid-19 : Le docteur Dominique Fichet
 reprend du service


Ancien chef du service de pneumologie à l’hôpital de Dreux, le docteur Dominique Fichet poursuit depuis un an et demi la gestion de la tuberculose  dans le cadre de l’opération dépistage, prévention et éducation au pôle santé publique du centre hospitalier de Dreux.
 
« Même si la gestion de l’arrêt du tabac est un peu en sommeil en ce moment, nous essayons de maintenir le pôle Santé Publique afin d’éviter d’avoir dans quelques semaines des patients en grande détresse psychologique », explique le médecin. Covid-19 oblige et au vu de sa très longue expérience, le docteur Fichet fait partie de l’équipe de réserve. « Compte tenu de mon âge, je suis sur la réserve. On m’a simplement demandé d’assurer la visite dans le service de pneumologie pour les malades n’étant pas diagnostiqués Covid19, ce que j’ai fait pendant ce week-end pour remplacer les médecins qui eux s’occupaient des cas positifs.  Je viens quand on me le demande et je travaille bénévolement.  Quand la crise est là le temps n’est pas à la polémique. Il faut se retrousser les manches et avancer mais après avoir négligé la grève du personnel soignant pendant un an et demi, je constate que maintenant on les trouve superbes et généreux. La pénurie de masques est de loin la plus préoccupante. C’est un problème majeur car c’est le moyen le plus important pour se protéger du virus tant pour les malades que pour les soignants . Les gens qui volent des respirateurs et des masques sont des assassins ! J’admire les soignants qui choisissent de se confiner dans les EPHAD avec leurs pensionnaires car on sait que dans ces établissements le Covid-19 est apporté de l’extérieur. Je pense que le gouvernement fait ce qu’il peut mais ce sera un élément de réflexion dans l’avenir. L’expérience acquise mérite d’être engrangée et analysée de manière objective pour qu’on mette en place des solutions adaptées. Les gros pépins de ce genre peuvent toujours arriver. Nous avons toujours en mémoire la grippe espagnole en 1918 et la grippe H1N1. Les directives de Roselyne Bachelot, alors ministre de la santé, avaient été pertinentes, mais la situation s’était arrangée assez rapidement et tout a été arrêté ». 

En ce qui concerne les vaccins, le docteur Fichet reste prudent. « Il est sûr que nous aurons des vaccins, mais il faut prendre le temps de les certifier et de les évaluer. Il y a un minimum de précautions à prendre avant de les utiliser. En ce qui concerne l’hydrochloroquine, nous savons que c’est un produit toxique chez les personnes âgées, qu’il occasionne des troubles cardiaques et des troubles de la vision. Je suis tout à fait favorable à ce qu’on analyse scientifiquement la situation avant pour être sûrs que cela fonctionne. J’ai beaucoup de respect pour le docteur Didier Raoult. C’est un scientifique de haut niveau mais dans l’histoire on sait que certains scientifiques se sont trompés notamment au niveau de la tuberculose , remarque le médecin. Les longues intubations apportent parfois des complications, on peut parfois gagner la première partie contre le virus mais perdre la seconde. Le dévouement du personnel est là mais la multiplicité des malades induit des risques. En général, une ventilation dure de 2 à 3 jours. Pour les formes graves du Covid-19, il faut 14 jours. On multiplie le nombre de lits nécessaires par 3 ».
Pour la suite, le docteur Dominique Fichet pose la question : Est-ce qu’on se fournit les armes pour faire face à ce genre de situation ? A l’hôpital de Dreux, le flux des malades est régulé.
« Les personnes présentant les symptômes appellent leur médecin qui les prends en charge. Si la situation est périlleuse et la personne en difficulté respiratoire, on appelle le 15 ».


Annie Duval-Petrix
31/03/2020