Vie locale

L’hôpital Victor-Jousselin s’organise en autonomie pour gérer le Covid 19


Le centre hospitalier et la ville se sont mis en ordre de marche pour gagner la bataille contre l’épidémie du Coronavirus. Hugo Montamat directeur de l’hôpital et Gérard Hamel maire de Dreux se veulent rassurants.

Face aux multiples informations anxiogènes diffusées à longueur de journée, le personnel soignant et la population ont besoin d’être rassurés et informés sur les mesures prises sur le bassin drouais pour faire face à la crise sanitaire en cours. « L’hôpital s’est organisé pour faire face à l’afflux de malades. Nous avons opéré une complète transformation architecturale et organisationnelle des services et un changement drastique quant à l’approche des urgences gérées par le docteur François Delefosse. Les trois quarts de l’hopital sont réservés au traitement du Covid 19. Depuis trois semaines, chaque jour nous évaluons la situation pour nous permettre d’adapter la capacité d’accueil des gens par rapport à leurs besoins et leurs pathologies : celles de type Covid 19 traitées par le service infectiologie du docteur Claire Poirier-Duchatelet ou autres pathologies courantes. Actuellement nous disposons de cent lits réservés au Covid 19 tous services confondus. Ces lits nécessitent une main d’œuvre importante. À ce jour nous avons une marge de trente lits. De plus l’hôpital dispose de seize lits en service de réanimation. Pour récupérer des lits, conformément aux directives gouvernementales, nous avons orienté des malades sur l’hôpital de Tours parce qu’ils sont moins touchés là-bas et il y a la possibilité d’un partenariat avec la clinique de la Maison Blanche à Vernouillet pour les personnes qui sortent de la maladie mais qui ont besoin d’un suivi. Sept patients y sont accueillis actuellement », explique Hugo Montamat.
« Le tissu local a joué un rôle fondamental, il faudra en retenir les enseignements. La ville de Dreux a des atouts de par la qualité de ses structures sanitaires et sociales on y rencontre une solidarité très appréciable et une grande capacité d’adaptation ».  Sur le plan de l’organisation, le Covid 19 demande un ratio de personnel plus important.  « Nous avons l’aide de La Croix Rouge et des personnels de la ville et des élèves de l’école d’infirmières.  En tout une centaine de volontaires viennent nous aider et cela nous réconforte. Même s’ils ne sont pas infirmiers ils nous aident à donner les repas aux pensionnaires des EHPAD confinés dans leurs chambres. »
Grâce au docteur Salim Gaba chef du pôle médicotechnique, l’hôpital de Dreux a la chance de pouvoir être autonome pour effectuer les tests de dépistage du Covid 19 grâce à la méthode de référence d’extraction du virus par prélèvement sur la  sphère ORL. « C’est une méthode rapide qui demande une technicité et un appareillage particulier. Nous avons pu recevoir deux machines vendredi dernier grâce à un solide partenariat avec la Belgique. Elles fonctionnent 7/7 et nous avons les résultats en 24 heures. Ce qui représente un gain de temps considérable car sans ces machines nous devrions expédier ces tests à Orléans. Aujourd’hui nous avons effectué une première série de tests pour l’hôpital de Nogent-le-Rotrou », explique le spécialiste. Hugo Montamat met l’accent sur l’élan spontané et encourageant du personnel médical et non médical pour faire face à la crise, « mais il y a des inquiétudes. Le personnel soignant devient de plus en plus performant, rationnel et efficace mais il y a des angoisses à gérer. Une cellule de crise se réuni au quotidien pour prendre des décisions immédiates. Tout le personnel de l’hôpital est investi », rappelle le directeur. Dans les EHPAD, nous avons 5 cas de possibilités Covid 19 au Prieuré et cinq aux Eaux Vives dont deux sont confirmés. Tous les personnels sont sur le pont pour accomplir leurs tâches. Nous recevons des dons et des encouragements de l’extérieur. Ces dons doivent passer par la direction pour être répartis dans les services », indique le directeur.
Pour faire face à la saturation des hôpitaux parisiens, la solidarité joue à plein. L’hélicoptère du SAMU dirigé par le docteur Véronique Julié effectue des transports de malades des hôpitaux de Paris vers Tours. Nous allons nous occuper de malades de l’Ile de France ». En tant que maire, président de l’agglomération et président du comité de surveillance de l’hôpital, Gérard Hamel se félicite de l’implication de 21 agents municipaux et de six agents de l’agglomération qui ont répondu à l’appel pour venir en aide aux personnel soignant. Je n’ai pas de crainte, nous allons faire face à la situation ». 
« L'hôpital public va gagner la guerre, va passer le crash test, dont parle le président de la République », conclut Hugo Montamat.
 

Photo : Dr Salim Gaba - Crédit : Hôpital de Dreux



Annie Duval-Petrix
02/04/2020