Vie locale

Le comte de Paris est confiné en famille à Dreux et déplore l’invisibilité de l’Europe dans cette crise


« Nous avons de la chance d’être tous ensemble. Le confinement se passe plutôt bien. La scolarité se fait à la maison », explique Jean d’Orléans, comte de Paris, depuis sa résidence au pied de la Chapelle Royale à Dreux. « Antoinette 8 ans, Louise-Marguerite 6 ans, Joseph 4 ans et Jacinthe 2 ans ont l’habitude d’étudier chez eux car ils sont scolarisés à la maison. La princesse Philomèna et moi les aidons dans leurs études . Gaston, notre fils aîné, a 10 ans et il est pensionnaire dans le sud de la France mais nous avons eu de la chance car il était en week-end à la maison quand le confinement a été décidé. Nous sommes tous réunis à Dreux ».
La journée type d’aide scolaire aux enfants du comte de Paris se déroule, pendant cette période, de la façon suivante : « Les enfants reçoivent les cours par correspondance. Il faut les imprimer et s’organiser pour que tout le monde puisse étudier. Nous avons aussi la chance de pouvoir bénéficier du parc de la chapelle. La duchesse de Montpensier, ma mère, et ma sœur Blanche sont à Paris. Elles se portent bien et sont entourées de tous les soins », poursuit le comte qui suit l’évolution de la crise sanitaire d’un œil averti. « J’avais déjà discuté avec Gérard Hamel, maire de Dreux, sur un certain nombre de gestion de crises, notamment sur le changement climatique, les fortes chaleurs, les pluies diluviennes ou les tempêtes. Nous avions évoqué ces questions-là. Je trouve que les choses se passent plutôt bien entre l’État et les collectivités locales pour faire respecter les règles notamment dans les quartiers. Je pense que les gens se sont un peu disciplinés depuis le début de la crise. » Et Jean d’Orléans d’ajouter : « Dans les statistiques, la région Centre-Val de Loire est plutôt épargnée. On n’y dénombre le moins de décès. Au niveau national, le gouvernement commence à réagir mais cela reste un peu chaotique. Nous avons été plutôt cigale que fourmi. Nous avons été loin d’être efficaces pour des raisons économiques. C’est un peu notre défaut. Depuis trop longtemps, on a laissé les intérêts financiers et personnels prendre le pas sur l’intérêt général. Dans la gestion de cette crise, on s’aperçoit que finalement l’Europe est complètement invisible. La crise montre que les concepts et les idées sont loin de la réalité des gens qui sont confinés chez eux. L’économie en prend un coup et pour la santé, la réalité que le monde médical a toujours pointé du doigt apparaît au grand jour. Nous avons de la chance d’avoir des Français généreux et efficaces dans le monde associatif pour venir en aide aux soignants qui manquent de moyens et de traitements. J’espère que le gouvernement sera capable de redresser la barre.  Nous sommes dans la même galère que tous les Français soumis aux contraintes, nous pensons à tous les drouais et espérons que tout va bien pour eux et dans leur famille ».


Annie Duval-Petrix
03/04/2020