Vie locale

Des enseignants fabriquent des visières pour protéger les soignants


Ils sont professeurs au lycée Edouard-Branly, ils savent utiliser les nouvelles technologies et ont décidé de mettre leur savoir-faire au service des soignants et des personnes en contact avec le public en leur fabriquant des visières protectrices.

Emmanuel Michel, professeur en sciences et technologies de l’industrie et du développement durable (STI2D), et son collègue, Nicolas Lezin, tous deux enseignants au lycée Edouard-Branly à Dreux, se sont unis pour confectionner des visières protectrices à destination des soignants et des personnes en contact avec le public. « Ma femme est soignante dans un EHPAD de l’agglomération. Il fallait que je l’aide, elle, et ses collègues à affronter ce Covid-19 dans les meilleures conditions possibles », explique l’enseignant. La fabrication d’un premier modèle, trouvé en ligne, n’a pas donné satisfaction. Un deuxième, plus simple, a été jugé plus pratique. Nicolas Lezin fabrique alors un serre-tête à l’aide d’imprimantes 3D, de bobines de filaments servant à relier des fascicules et de feuilles de plastique. 700 visières, pouvant être nettoyées et désinfectées, ont été confectionnées et livrées à l’hôpital pour le service Covid-19, à l’Epinay de Vernouillet, La Roseraie à Dreux, les foyers pour personnes handicapées de Marsauceux, Nonancourt, certains cabinets médicaux de Tréon et Plein-Sud. « Depuis, la mairie de Dreux est intéressée pour ses agents en activité et certaines entreprises qui entrevoient la reprise de leurs activités. Nous en avons plus de 200 en commande mais il nous manque de la matière première, les stocks du lycée sont épuisés.  Nous lançons un appel à toutes les personnes qui auraient des feuilles plastiques et des bobines de filament ou qui pourraient nous aider à en acheter. Nous savons qu’il est possible de s’en procurer au magasin Bureau Vallée au centre commercial des Coralines », expliquent les professeurs qui regrettent de ne pas pouvoir travailler sur ce projet avec leurs élèves. Ils insistent sur le fait que les formations diffusées au lycée Edouard-Branly permettent aux futurs professionnels d’êtres réactifs dans ce genre de situation. « Ce sont des formations de techniciens ou ingénieurs qui apportent les compétences nécessaires à l’utilisation des imprimantes 3D et à la découpe laser ». De son côté, Hugo Montamat, directeur de l’hôpital, indiquait : « Indépendamment du fait que la visière caractérise la solidarité des drouais pertinente et utile au quotidien, c’est quelque chose qui va au-delà du simple don. Il participe à la sécurité du personnel pour les protéger et protéger les patients. C’est une association à la distanciation de soins, on est dans la collaboration professionnelle. C’est ingénieux, on associe la bonne volonté à l’altruisme et l’efficacité. Les soignants apprécient ».  D’autres bonnes volontés, particuliers et entreprises ont offert des visières à l’hôpital. Joël Da Costa, directeur d’activité de la société Advanced Schema (Paris 16e), a livré 40 visières au service de réanimation cette semaine. L’entreprise vient d’acquérir 5 imprimantes 3D, ce qui va leur permettre de produire 100 visières par jour. L’association Betamachine, de Chartres, a également livré des visières, la semaine dernière. Des particuliers en ont également livré : M. et Mme Desprey, professeurs de technologie (60 visières) ; Mme Grimaud ainsi que Béatrice Bertrand, professeur de technologie, ont également participé à l’effort de don. Benoit Félix, concepteur prototypiste chez Renault à Guyancourt, a conçu de nouvelles visières plus rapides à assembler avec moins de pièces. « Elles seront livrées à l’hôpital, dans une boulangerie, chez Gamm Vert, dans deux pharmacies de Vernouillet et probablement à la commune de Tremblay-les-Villages qui réfléchit au déconfinement », détaille le concepteur.



Annie Duval-Pétrix
23/04/2020