Les petits commerçants parient sur le « Click and Collect »


Pour sauver leur activité pendant ce reconfinement, les commerçants ébroïciens non-essentiels se lancent pour beaucoup dans le « Click and Collect ». Ce service permet aux clients de réserver ou de commander des produits en ligne avant de les retirer directement en boutique. Pour les commerçants, cela nécessite un gros travail de réorganisation et de communication, sur les réseaux sociaux notamment.

Bien adapté à certains types de commerces, le « Click and Collect » l’est moins pour d’autres catégories de commerces tels que les salons de coiffure. Pour autant, chez Médard centre-ville, on s’organise et propose un drive tous les vendredis de 11h à 13h. « Les clients peuvent commander sur le Messenger du salon des produits de coiffage type shampoings, masques, lisseurs, sèche-cheveux et cartes cadeaux pour les fêtes de Noël » détaille Élodie Kessad, responsable du salon. « Les clients viennent retirer leur commande à la porte du salon. Ce système nous permet de garder le contact avec notre clientèle, on reste positives et solidaires des autres commerçants ». Chez Jean’s Fizz, place du Grand Carrefour, Alexandra Herman essaie de tirer son épingle du jeu même si la commerçante ne compte ni ses heures, ni ses kilomètres. « Je propose le retrait en boutique mais aussi les livraisons à domicile. Cette semaine, je suis même allée jusqu’en dans l’Eure-et-Loir pour livrer une commande ! ». Doudounes chauffantes, t-shirts et pulls ont la cote auprès de la clientèle. « Les gens sont plus frileux à acheter des jeans, même s’ils peuvent échanger les articles » indique la commerçante. « J’assume mon rôle jusqu’au bout même en conseillant les clients par téléphone. Je ne vis pas très bien ce second confinement, j’ai ouvert samedi dernier pour montrer mon mécontentement. À la différence des grandes surfaces, ils ne nous ont pas laissé de délai pour nous organiser ». Difficile de remplacer l’ambiance d’une boutique mais pour donner de la visibilité à ses produits, les vêtements figurent sur le Facebook de Jean’s Fizz ainsi que sur Instagram. Installés derrière un petit comptoir aux portes de leurs magasins, les libraires de chez BD Lib et L’Oiseau Lire s’activent. « Nous sommes bien occupés » indique Didier Dupont, gérant des deux boutiques. « Nous recevons le flux normal de nos livraisons que nous devons ranger tout en répondant aux demandes des clients. On a un stock énorme… Novembre et décembre représentent 30 à 40% du chiffre d’affaires de l’année, alors le « Click and Collect » ne couvre qu’une petite partie des ventes que l’on fait habituellement à l’approche de Noël. Mais on n’a pas le choix, le stock est payé et on est dans une période où l’on doit concilier santé et économie ». Obligés de mettre en place le chômage partiel, les libraires doivent pour autant assurer une présence en boutique et garder le contact avec la clientèle. « Il en va de la survie de nos librairies et de toute l’industrie du livre qui va avec… auteurs, éditeurs… ». Alors, pourquoi ne pas profiter de ce confinement pour découvrir de nouveaux albums ? Chez Emma Création et le Bocal, place du Général de Gaulle, spécialisés dans les bijoux, accessoires et cosmétiques Bio, les deux gérants sont à fond. « Les gens commandent via Facebook, Instagram, mails et téléphone… Ils nous portent et nous donnent la force de continuer » confie Emmanuelle Lelièvre. « Avec Tristan, on se démène, on fait et on verra ce qu’il restera, certains clients commandent même par solidarité ! ». Dans les starting-blocks pour les fêtes de fin d’année, la créatrice de bijoux a produit en quantité depuis le mois de juillet. « Nous prenons tous nos produits en photo, on fait du retrait en boutique, de l’envoi et quelques livraisons. Tous les employés sont au chômage et pourtant il y a du travail mais on ne fait pas assez de chiffre avec le « Click and Collect ». Le « Click and Collect » est la solution pour continuer une activité commerçante et ainsi « limiter la casse » en attendant la réouverture tant espérée des boutiques.



Aurélie Bourgeaux
12/11/2020