Guy Lefrand s’engage pour l’ouverture des commerces « non-essentiels »


En accord avec sa majorité municipale, Guy Lefrand, maire d’Évreux, a pris un arrêté autorisant l’ouverture des commerces non-alimentaires.

Guy Lefrand a pris, samedi 31 octobre, un arrêté autorisant les commerces non-alimentaires à ouvrir leurs portes, malgré le confinement décidé par l’État, considérant qu’il y avait « une inégalité de traitement de ces commerces, avec la possibilité pour les hypermarchés de conserver des rayons non-alimentaires. Les commerçants ont ressenti cela comme une réelle injustice ». Certains commerces d’Évreux ont rouvert leurs portes dès samedi ; d’autres sont restés fermés, craignant d’être verbalisés et de faire l’objet d’une fermeture administrative. « Je suis médecin urgentiste et durant ma dernière garde à l’hôpital, j’ai accueilli environ 70 patients dont 5 ou 6 atteints par la Covid-19. J’ai été critiqué par certains en prenant cet arrêté mais j’ai le sentiment de savoir de quoi je parle, en tout cas mieux qu’eux. J’observe par ailleurs qu’aucun foyer épidémique n’a été déclaré par l’Agence Régionale de Santé (ARS), dans les commerces d’Évreux. On cherche davantage aujourd’hui au niveau de la cellule familiale, sur les lieux de travail » argumente Guy Lefrand, pas surpris par la décision du Tribunal Administratif d’avoir suspendu son arrêté. « Il a été suspendu en effet, mais le Tribunal Administratif se donne quelques jours pour se prononcer sur le fond » confiait, mercredi 4 novembre, le maire d’Évreux, satisfait de constater que son initiative avait rencontré de très nombreux soutiens, notamment via les réseaux sociaux. « J’ai également déposé deux référés devant le Tribunal Administratif. Un référé liberté, contre le décret gouvernemental, sur le fondement de l’atteinte au principe fondamental de la liberté de travailler, et un second, référé suspension, sur le fondement que les commerces non-alimentaires de notre territoire ne peuvent produire un chiffre d’affaires, les privant ainsi de ressources financières, ce qui, par ricochet, porte atteinte aux potentielles ressources de la collectivité » détaille le maire, estimant que le travail « est un droit et même un devoir ». Pour Guy Lefrand, en privilégiant le commerce dans les grandes surfaces, « on rompt l’équité et on s’expose à des regroupements aux caisses, susceptibles de provoquer de nouveaux foyers épidémiques ».



Louis Leprêtre
12/11/2020