Maraudes à Dreux : ils veillent sur les plus démunis


Les bénévoles de l’unité locale de la Croix-Rouge et les professionnels du GIP-Relais Logement ont lancé la campagne des maraudes d’hiver auprès des plus démunis. Une opération coordonnée par le CCAS (Centre Communal d’Action Social) de la mairie de Dreux.
 
À l’heure où l’on apprécie de se retrouver autour de la table familiale pour le dîner, de s’installer dans son canapé pour s’évader devant son émission préférée ou par le biais d’un bon livre, bien au chaud dans la sécurité de son logement, d’autres endossent la tenue beige et rouge aux bandes phosphorescentes de la Croix-Rouge, d’autres la doudoune aux couleurs du GIP (Groupement d’Intérêt Public) Relais Logement. Ils partent se fondre dans la nuit à la rencontre de ceux qui n’ont rien ou si peu. Mardi 17 novembre à 20 heures, Pierre-Frédéric Billet, maire de Dreux, et Mounir Chakkar, adjoint au maire en charge du CCAS, étaient venus soutenir Franck Carbonnel, directeur du GIP, et son équipe ainsi que les bénévoles de la Croix-Rouge à l’occasion du lancement des maraudes d’hiver. « Les maraudes ont lieu le mardi par le Relais Logement et le vendredi par la Croix-Rouge, de 19h30 à minuit, de novembre à mars. Le but est d’aller à la rencontre de public en situation de très grande précarité, avec ou sans domicile fixe et de créer du lien social auprès des personnes isolées ou désociabilisées », explique Pierre-Frédéric Billet. « La maraude commence par une halte près du marché couvert de Dreux, entre 20 heures et 21 heures. C’est un rendez-vous régulier pour une vingtaine de personnes, du nourrisson au senior, de l’isolé à la famille, de l’addictologie aux troubles psychiques de personnes en situation régulière ou irrégulière. Toutes les typologies d’individus y sont présentes », explique Franck Carbonnel. Les habitués se retrouvent désormais autour du nouveau minibus aux couleurs du Relais Logement flanqué de sa devise « Un toit pour toi » ou du véhicule de la Croix-Rouge. Les maraudeurs vont ensuite à la rencontre des sans abri dans différents endroits et squats de la ville. Lors de ces rencontres, une collation, des denrées alimentaires et des produits d’hygiène sont distribués.


La crise sanitaire n’arrange rien : « à cause de la Covid-19,  en plus des personnes habituées, nous avons actuellement une vingtaine de personnes d’origine roumaine, des saisonniers qui ne retrouvent plus de travail et qui n’étaient pas là lors des mois d’été », précise Franck Carbonnel. « Dans les jours à venir, le CCAS va mettre à la disposition des maraudeurs des kits hygiène différents pour hommes et femmes afin de les distribuer lors de leurs tournées à raison d’un toute les trois semaines pour chaque personne », indique Mounir Chakkar. Malgré les 30 places d’hébergement d’urgence du dispositif SIAO-115, le point d’accueil de jour, situé au 4 avenue Marceau, qui propose un repas, un service bagagerie, une buanderie, un point douche et un espace dialogue et les nombreuses possibilités offertes par le GIP-Relais logement, certaines personnes souhaitent rester dans la rue. « Nous leur proposons une soupe ou un repas chaud confectionné par le Secours catholique, un sandwich, un café et sa madeleine ou encore un duvet et même parfois des croquettes pour chiens et chats, indique Franck Carbonnel. Le seul bémol à cet ensemble de propositions est que nous n’avons pas de solution pour les personnes accompagnées d’un animal ». En cette période de confinement, de nombreuses personnes ont été victimes de violences conjugales pour lesquelles il a fallu agir. « En lien avec la mairie la dizaine de personnes a pu être relogée. De plus, en période de grand froid, ce qui n’est pas le cas actuellement aucune personne ne reste dehors sur l’agglomération », poursuit Franck Carbonnel.



Le fonctionnement de ces maraudes est assuré par des subventions de la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations, de la municipalité et des dons de la boulangerie Au Croissant d’Or de Vernouillet et du boulevard Henri IV à Dreux. Elles donnent leurs invendus, quotidiennement. Les épiceries sociales de Dreux et Vernouillet, le magasin E.Leclerc des Bâtes, le Secours catholique et la paroisse Saint-Étienne en Drouais sont également mobilisés. « Aujourd’hui, pour améliorer le fonctionnement, l’idéal serait de pouvoir distribuer davantage de denrées alimentaires », conclut Franck Carbonnel.



Annie Duval-Petrix
19/11/2020