Conseil municipal d'Évreux : des débats vifs mais la majorité municipale fait bloc


La suppression de certains dispositifs « Coup de pouce », les nouveaux tarifs de cantine et la situation financière de la ville ont donné lieu à des interventions musclées, lors du dernier conseil municipal, mais les délibérations ont été votées.

La première délibération du conseil municipal du lundi 16 novembre concernait le projet de fusion de « Eure Habitat », par voie d’absorption par la Société Anonyme d’Économie Mixte du Logement de l’Eure (SECOMILE). « Évreux disposera de 5% du patrimoine de la nouvelle entité et il y a un intérêt d’être fortement représenté » a précisé Diane Leseigneur, adjointe au maire et vice-présidente du conseil départemental, en charge de l’habitat. Pour Timour Veyri, conseiller municipal d’opposition, la ville accepte « de perdre la main et se fait plumer dans cette fusion qui n’était absolument pas nécessaire. Évreux perdra une partie de la maîtrise de son habitat ». Une intervention qui n’a pas été du goût de Diane Leseigneur : « Évreux avait 5% et conserve 5%. Aujourd’hui, nous sommes les deuxièmes actionnaires, donc plus représentatifs ». Un avis partagé par Guy Lefrand, maire de la ville : « Eure Habitat était dans une situation catastrophique et c’est le Département qui a remis de l’ordre. Ce qui m’aurait inquiété, c’est d’avoir un seul bailleur social dans le département et nous en avons 3. Cette fusion permet de solvabiliser les bailleurs sociaux ». La suppression de 19 clubs « Coup de pouce », un dispositif d’aide aux devoirs dans les classes dédoublées, sur les 30 existants, a également fait l’objet d’un long débat, entrainant une vive constatation de Nathalie Lagouge, conseillère d’opposition. Elle a notamment évoqué une mesure « qui dépasse l’entendement, qui veut donner moins à ceux qui ont moins ». Guillaume Rouger s’inquiétant de son côté « d’associations à visée communautariste qui prendront le relais ». Driss Ettazaoui, adjoint au maire a concédé « qu’il était plutôt à l’écoute de quelques-uns, dont l’émoi est sincère », ajoutant qu’on ne pouvait pas dire que cette municipalité abandonnait les quartiers, citant notamment « la construction de la nouvelle école de Nétreville et l’investissement de la municipalité dans les quartiers prioritaires ». Guy Lefrand est également intervenu dans ce dossier sensible, « c’est moi qui ai mis en place les « Coups de pouce » en 2015 à Évreux. On me disait à l’époque que je ne comprenais rien à l’Éducation Nationale et que cela mettait en cause les attributions des enseignants. Après avoir été contre, je suis désormais pour les classes dédoublées, dont les résultats sont encourageants. Le budget n’est pas supprimé mais réaffecté aux coopératives scolaires » a précisé Guy Lefrand. Les nouveaux tarifs de la cantine scolaire ont également fait débat, Timour Veyri parlant « d’une forte augmentation pour les bas salaires ». Guy Lefrand a rappelé « qu’il n’y avait pas eu d’augmentation des tarifs depuis 2011 » et précisé que la municipalité payait 80 % du repas. « Il s’agit d’une délibération équilibrée, qui faisait payer 70 centimes par repas aux familles les plus modestes. Nous protégeons au maximum les familles, mais je me refuse une nouvelle fois, à faire payer lourdement les seules classes moyennes » a-t-il précisé. Dans son rapport d’orientations budgétaires 2021, Jean-Luc Bouillie, adjoint au maire, n’a pas caché que le budget serait fortement impacté par la Covid-19. « Ce sera un budget prudent mais qui pourra continuer à améliorer l’attractivité de la ville et le cadre de vie » a-t-il annoncé, après avoir présenté des chiffres en très nette baisse, notamment au niveau de l’épargne nette, passant de 3,8 millions d’euros à 750 000 euros. Des chiffres qui ont interpellé Guillaume Rouger. Le conseiller d’opposition note « une dérive rapide de l’endettement de la ville, un indicateur important qui explose en 2020, et qui ne tient même pas compte du 2ème confinement ». Guy Lefrand n’a pas contesté ces mauvais chiffres : « Est-ce qu’il était envisageable de ne pas soutenir le CCAS et de ne pas prendre les mesures que nous avons prises durant cette pandémie. Nous nous sommes endettés pour protéger nos habitants et cela, nous l’assumons parfaitement ».

Photo : L’augmentation des tarifs de restauration scolaire ont été vivement critiqués par l’opposition (Droits réservés)



Louis Leprêtre
25/11/2020