Les écrivains publics au secours des plus démunis


L’an dernier, Jean-Pierre Leguéré était le seul écrivain public de Dreux. Depuis, deux bénévoles l’ont rejoint pour créer l’ADEPS (Association des Écrivains Publics Solidaires en Drouais) et venir en aide à une population démunie devant les pesanteurs administratives et la dématérialisation des documents.

« Non, on ne nous demande pas d’écrire des lettres ou des billets doux, comme l’image populaire de l’écrivain public le suggère. Nous sommes confrontés à la pauvreté, à la précarité et parfois à une grande détresse. Notre vocation est d’apporter aide, assistance et écoute pour résoudre au mieux des situations difficiles, monter des dossiers, remplir des formulaires et mettre en relation avec des professionnels compétents », indique Jean-Pierre Leguéré. Aujourd’hui, l’homme n’est plus seul. Laurent Desvaux et Barthélémy Baruch l’ont rejoint mais la charge est encore trop lourde. De nouvelles bonnes volontés seraient les bienvenues. En ce lundi matin, du mois de novembre, un rendez-vous était organisé dans une des salles de la Maison Proximum du centre-ville, dirigée par Habiba Ramdani. Autour de la table, Matonsi Kienayaku, électricien réfugié politique, et sa compagne Gwenaëlle Ducassou. Pacsés, ils ont reconstitué une famille avec cinq enfants mais le chemin a été semé d’embûches. Les écrivains publics se sont battus pour leur permettre de régulariser leur situation. Le cas de Karima a été évoqué : « il s’agit de ces amendes forfaitaires de 135 € qui, si on les paye tout de suite, sont ramenées à 90 €. Comme les gens sont pauvres, cela fait boule de neige et on se retrouve à devoir des sommes astronomiques au bout de deux ou trois ans. On est dans l’incohérence parce qu’on fait payer la même chose à quelqu’un qui gagne 5.000 € et à quelqu’un qui n’a que 1.000 € de revenus », explique Jean-Pierre Leguéré. L’ADEPS est une aventure partagée. Laurent Desvaux, retraité, a lui aussi subi les aléas de la vie. « J’ai lu l’article passé l’an dernier dans M Ta Ville, j’ai tout de suite eu envie de venir aider. Jean-Pierre Leguéré m’a coaché et désormais nous formons une bonne équipe. Écrivain public est devenu mon activité principale. J’ai établi des liens de confiance avec les personnes qui viennent me confier leurs problèmes ». Barthélémy Baruch, après de longs mois de collaboration, a décidé de quitter la ville et s’approcher du littoral. Il va manquer cruellement à l’équipe. « J’étais tombé sur une annonce à la librairie et c’est quelque chose que j’avais envie de faire », explique le bénévole qui, avec des formations littéraire et administrative, a pu donner de sérieux coups de main. « C’était une belle expérience surtout en cette période où on est un peu éloigné les uns des autres. Nous avons bon espoir que des jeunes soient intéressés par l’action et viennent nous rejoindre ». Les écrivains publics sont des citoyens bénévoles et indépendants et ne sont salariés d’aucun organisme. Ils sont juste aidés par la municipalité qui leur donne la possibilité de recevoir le public dans ses locaux de la Maison Proximum du Centre-ville, de la Maison de la sécurité au quotidien des Oriels ou du CCAS, (Centre Communal d’Action Sociale). Face à l’arrivée massive de l’informatique dans le quotidien, beaucoup de personnes sont démunies. Certaines ne connaissent pas l’informatique, d’autres n’ont pas d’ordinateur. « Désormais sans ordinateur on est fichu », constate Jean-Pierre Leguéré.  « Dans tous les cas il faut faire le premier pas pour venir nous voir, le temps de l’administration n’est pas le même que le nôtre et c’est souvent une course contre la montre. La montre et un fil de la pelote qu’il faudra trouver pour aller chercher le vrai problème rencontré. Heureusement, nous rencontrons parfois des gens qui nous soutiennent et nous aident dans les différents services ».

Consultations du lundi au jeudi uniquement sur rendez-vous 
Tél. : 07 87 74 96 08



Annie Duval-Petrix
08/12/2020