Un dispositif d’autorégulation à l’école Jean Moulin d'Évreux


Depuis le 7 septembre, un dispositif d’autorégulation s’est installé à l’école Jean Moulin d’Évreux à destination des élèves autistes. Porté par l’association Marie-Hélène, ce dispositif unique en Normandie permet à l’élève présentant des Troubles du Spectre Autistique (TSA) d’apprendre dans une classe ordinaire, tout en s’initiant à l’autorégulation en parallèle.

L’autorégulation est un processus par lequel les enfants maîtrisent leurs pensées, comportement et émotions afin de devenir élève et profiter pleinement des apprentissages. « 50% des élèves entrant en maternelle ne possèdent pas ces habiletés leur permettant autonomie, organisation, gestion des émotions » observe Aline Djenane, psychologue et coordinatrice du dispositif. « Ces temps d’autorégulation sont travaillés dans une salle au sein de l’école où sont abordés pour tous, des notions d’autocontrôle, d’autodiscipline et d’autodétermination sous la houlette de l’équipe médico-sociale ». Choisie pour sa spécificité d’accompagnement des jeunes TSA, l’association Marie-Hélène a dû relever ce défi en un bref délai tout en associant l’ensemble du personnel intervenant auprès des élèves. « L’Agence Régionale de Santé (ARS) nous a sollicités en juin pour l’ouverture du dispositif en septembre » se remémore Eliane Le Rétif, directrice générale de l’association. « C’était un véritable challenge avec un délai aussi court d’emmener toute une équipe, car il s’agit d’un projet d’établissement dans lequel tout le monde est impliqué, enseignants et élèves, personnel municipal, équipe médico-sociale et bien sûr, les familles. Pour nous accompagner, nous avons pu bénéficier d’une formation assurée par un chercheur canadien, spécialiste en autorégulation, Stéphane Beaulne. C’est avec ce genre de dispositif que l’on arrive à une école inclusive où l’élève est acteur de son apprentissage. Les élèves s’autoévaluent et notent leurs progrès avec un regard positif ». Bénéficiant d’un poste d’enseignant surnuméraire, l’équipe accueille trois élèves TSA, puis 5 dès janvier. « L’élève TSA est un enfant sans déficience intellectuelle avec des troubles du comportement, précise Anne-Sophie Bobovnikoff, directrice du SESSAD Home Pascale. Pour beaucoup, ils ont une réduction du temps scolaire du fait de leur manque d’autorégulation. Ce dispositif leur offre la possibilité d’avoir un temps plein sans stigmatisation ». D’ici deux ans, le dispositif devrait inclure 10 élèves et sera certainement pilote pour de futures ouvertures.

 



Aurélie Bourgeaux
09/12/2020