Les sapeurs-pompiers volontaires, ressources indispensables des secours


Dans l’Eure, sur les 2 300 sapeurs-pompiers qui œuvrent au quotidien dans les différentes missions de secours, 87% des effectifs sont des sapeurs-pompiers volontaires (SPV), soit 2 000 hommes et femmes. Exerçant en parallèle une activité professionnelle, ces citoyens ont choisi de se mettre au service de la collectivité. En marge de leur profession, de leurs études, de leur vie familiale, ils se rendent disponibles sur des périodes pendant lesquelles ils peuvent être appelés de jour comme de nuit pour porter secours ou éteindre un incendie.

Chaque année, le Service Départemental d’Incendie et de Secours de l’Eure (SDIS) mobilise entre 200 et 250 personnes lors de deux campagnes de recrutement sur mars et octobre. « Tous les ans, nous avons environ 200 départs sur le département » explique le colonel Emmanuel Ducouret. « Pour maintenir nos effectifs, nous nous devons de communiquer autour du recrutement et de briser certaines idées reçues. Il faut rappeler que dans l’Eure, les sapeurs-pompiers interviennent toutes les 12 minutes et que chaque année, ce sont 36 000 personnes qui sont prises en charge. De plus un sapeur-pompier sur 5 est une femme, ce qui est plus élevé que la moyenne nationale. 80% de nos interventions concernent le secours à la personne. La maîtrise des incendies ne constitue qu’une petite partie de nos actions. C’est pourquoi depuis un an, nous proposons en plus de l’engagement « classique » de SPV, une nouvelle « offre » : l’engagement différencié. Ces SPV peuvent être formés uniquement sur la partie secours à la personne et n’intervenir que sur ces missions puis recevoir un complément de formation ultérieurement. L’idée est de trouver un juste équilibre dans nos recrutements afin d’avoir la bonne personne au bon endroit. D’une manière générale le SP se doit d’être endurant, polyvalent et être capable de se sortir d’affaires compliquées. » Toutes les personnes âgées de 17 à 55 ans en bonne forme physique ayant envie de s’investir pour la population au niveau local et qui jouissent de leurs droits civiques peuvent prendre contact auprès du chef de centre de secours le plus proche de leur domicile. Si solidarité, entraide et engagement sont les valeurs clé de chaque sapeur-pompier, il est attendu également qu’il ait un minimum de disponibilité pour être compétent. Chaque chef de centre de secours gère ses effectifs, il constitue des équipes prêtes à intervenir en fonction des disponibilités et compétences de chacun. « Le SP peut être soit de garde, c’est-à-dire physiquement présent à la caserne, soit d’astreinte, il peut être mobilisable à tout un instant dans un rayon de 7km du centre de secours » observe le colonel. « Dans tous les cas, les plannings sont adaptés en fonction des disponibilités de chacun ». Actuellement, un des meilleurs viviers de recrutement réside chez les Jeunes Sapeur-Pompiers, ce sont chaque année 350 jeunes qui s’investissent dans l’Eure sur quatre années de formation. Pour postuler, les candidats seront soumis à un test physique, courir 2 000 m en 12 minutes, faire une traction et des pompes (6 pour les femmes et 10 pour les hommes). « Les aptitudes physiques sont accessibles » précise le lieutenant Maxime Forget. « Mais il est indispensable d’être en bonne condition physique sur toutes les interventions, au risque le cas échéant, de mettre en danger la personne secourue et son binôme ». Des épreuves écrites de français et de mathématiques seront également soumises aux candidats. « En mathématiques, des calculs, opérations, calculs de surfaces seront demandés. Le SP doit être capable de calculer des débits d’eau, d’estimer ses besoins en oxygène lors de ses interventions ». En français, un texte avec des questions sera proposé. Le candidat est évalué sur ses capacités à comprendre un ordre et à l’exécuter. Un entretien avec un jury sera également programmé où seront exposées les motivations de la personne. Enfin, le postulant devra remplir les conditions d’aptitude médicale. Une fois recrutés, tous les SPV bénéficient d’une formation de 243 heures dispensée sur 3 ans maximum. 



Aurélie Bourgeaux
09/12/2020