Une ambiance pesante au conseil municipal d'Évreux


Covid oblige, le conseil municipal d’Evreux s’est tenu lundi soir (14/12) à l’Hôtel d’Agglomération. Une très longue séance, émaillée de débats plutôt vifs, en particulier sur les fameux bons d’achat offerts aux Ebroïciens.


La séance a débuté par la question des fameux bons d’achats, offerts par la municipalité pour soutenir le commerce local, privé de recettes durant le second confinement. « Les mesures de confinement ont eu des effets dévastateurs sur les commerces jugés non essentiels. Avec ces bons, nous réparons une iniquité, voire une injustice par rapport aux grandes surfaces ou aux ventes par Internet. J’ai entendu tous les délires possibles sur la légalité de ces bons et on peut regretter que certains aient essayé de faire peur aux commerçants et aux habitants » a déclaré Guy Lefrand, maire de la ville, ajoutant qu’il avait échangé avec le Préfet et le Trésorier Payeur Général pour s’assurer de leur légalité. Des explications qui n’ont pas satisfait Guillaume Rouger, conseiller d’opposition (LREM). « Rien n’est pire qu’une initiative bancale ou chaotique. Vos initiatives ajoutent de l’inquiétude pour les commerçants et les citoyens. De plus, c’est une opération méprisante pour les élus puisqu’elle est déjà en cours d’application avant que le conseil ne l’ait votée. C’est une délibération absurde ! » a lancé Guillaume Rouger, interrompu par Guy Lefrand : « les commerçants apprécieront ! ». Timour Veyri, conseiller d’opposition (PS), avait choisi un autre angle d’attaque : « Je me félicite que ce soir, le problème du commerce de proximité soit pris à bras le corps, et il faut le souligner. Cela faisait d’ailleurs partie de nos promesses de campagne. Je regrette cependant que le sujet soit d’abord passé par les réseaux sociaux avant d’être voté par le conseil. Les questions posées sur la validité de ces bons ont alimenté « un bordel sans nom ». Les propos des deux conseillers d’opposition ont suscité de vives critiques de Jean-Pierre Pavon, évoquant « Des démonstrations très technocratiques qui choquent », ou de sa collègue Stéphanie Auger : « arrêtez le nombrilisme et la politique politicienne. Des décisions analogues ont été prises dans d’autres communes et elles visent d’abord à aider le commerce et à renforcer le pouvoir d’achat ». Guy Lefrand a sifflé la fin de la partie d’une délibération qui aura duré plus d’une heure : « Le préfet a confirmé que les commerces qui ont subi une fermeture administrative ont droit à ces bons. Nous avons choisi d’agir dans l’urgence et nous avons assuré, y compris en créant une régie pour que les commerçants soient payés à 8 jours ». Des propos qui ont paru rassurants puisque le conseil a finalement voté pour la distribution des bons, à l’exception de Guillaume Rouger et sa colistière d’  « Evreux avance », qui n’ont pas pris part au vote. Côté finances, le conseil municipal a voté à l’unanimité le maintien des taux de la fiscalité locale. La hausse de 2% des tarifs municipaux, a été votée par la majorité municipale, mais rejetée par les conseillers d’opposition. Jean-Luc Bouillie, adjoint au maire en charge des finances, a présenté le budget primitif 2021, qui s’équilibre à 27 818 673 euros (investissement), et à 77 704 000 euros (fonctionnement). « Comme je l’avais annoncé lors du débat d’orientations budgétaires, nous faisons le choix de maintenir l’investissement à un niveau élevé, de façon à soutenir notre économie ». Guillaume Rouger a estimé que ce budget « manquait de souffle et ne présentait rien d’enthousiasmant. Il ne tient pas compte des remarques que nous avons faites et quel projet structurant avez-vous pour 2021 ? » a-t-il interrogé. Timour Veyri a pris la suite, estimant « qu’à force de taper sur les budgets, on n’apprend pas grand-chose. C’est votre budget et nous n’allons pas le voter » a annoncé le conseiller socialiste, mettant également en cause « le cercle vicieux de l’endettement ». Jean-Luc Bouillie a défendu bec et ongles son budget, mettant en avant plusieurs projets structurants importants (Navarre et Saint-Michel),  le gros chantier de l’école de Netreville, ou les travaux à la cuisine centrale… « Ce que vous dites m’interpelle. Nous continuons de réaliser les projets déjà lancés et nous avons un bon niveau d’investissement par rapport aux 8 années précédentes. S’agissant de notre niveau d’endettement, il supporte évidemment les effets de la crise et il est néanmoins compatible avec les finances de la commune » a insisté l’adjoint en charge des finances.



Louis Leprêtre
23/12/2020