Les collégiens découvrent les enfants et la Shoah


Les élèves des classes de troisième du collège Albert-Camus découvrent les parcours d’une dizaine d’enfants juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale au travers d’une exposition itinérante de l’association Yad Layeled.

De vieilles photos noir et blanc jaunies par le temps, des sourires d’enfants parés de leurs plus beaux habits pour l’occasion et derrière ces clichés d’un autre temps des parcours de survie d’enfants juifs en temps de guerre en France et en Europe. Les élèves des classes de troisième de Marlène Martin-Fillon, professeure de lettres, ont choisi l’un de ces regards et se sont accrochés à ses pas. À partir de photos de famille, d’un dossier relatant les endroits où ils ont été cachés, de cartes géographiques relatant leurs parcours, comment ils se sont reconstruits, les élèves sont amenés à découvrir l’histoire de celui ou celle dont ils ont choisi le portrait. « Chaque année, j’ai l’habitude d’emmener mes élèves en visite à Verdun. Cette année c’est impossible alors l’idée pour moi, malgré la pandémie qui nous bloque beaucoup, a été de faire venir l’histoire à nous. Au mois d’avril, nous travaillerons avec des acteurs au théâtre de Dreux sur le livre Inconnu à cette adresse de Kathrine Kressmann Taylor. Habituellement, les élèves des écoles primaires sont invités à visiter l’exposition, cela leur permet de découvrir le collège, son fonctionnement et leurs futurs enseignants mais à cause de la pandémie c’est impossible alors, au mois de mars, j’irai moi-même installer cette exposition à l’école Saint-Martin de Dreux et y faire des interventions », indique Marlène Martin-Fillon. « J’aimerais qu’on puisse anticiper sur les futurs confinements hybrides ou pas, car mes élèves passent leur brevet en fin d’année avec un passage au lycée. Il doit forcément y avoir une continuité pédagogique ». Marlène Martin-Fillon prévoit un programme de travail pendant les prochaines vacances scolaires, la lecture d’un livre comme La Marraine de guerre de Catherine Cuenca ou encore Silbermann de Jacques de Lacretelle et un sujet de brevet à étudier. « Tous les élèves n’ont pas la même motivation ni le même accès aux outils numériques. C’est une période anxiogène, les élèves doivent se préparer à passer un oral, prendre la parole, continuer à découvrir, se cultiver et comprendre l’importance des archives », confirme la professeure. « L’exposition s’inscrit dans le programme d’histoire dirigé par Amandine Piron, professeure d’histoire et géographie et de littérature et correspond à la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, qui a eu lieu le 27 janvier », rappelle Marlène Martin-Fillon. « On est fasciné et en même temps on se dit qu’ils n’ont pas eu la chance d’être à notre place même aujourd’hui en période de confinement. Ces archives m’inspirent de la terreur et de l’injustice en même temps car on ne peut pas exterminer une population à cause de sa religion ou d’une couleur de peau », confie Ridah avant de retrouver son groupe de travail.

 



Annie Duval-Petrix
01/02/2021