Sandrine, Chloé et Mélanie, portraits croisés de femmes aux métiers dits « masculins »


La Journée Internationale des Droits des Femmes est célébrée le 8 mars partout dans le monde. Ce jour-là est une journée d’action, de sensibilisation et de mobilisation dédiée à la lutte pour les droits des femmes, l’égalité et la justice. Cette journée est pour nous l’occasion de vous présenter trois portraits de femmes aux profils et parcours différents. Mais toutes ont un dénominateur commun, celui d’évoluer en milieu professionnel majoritairement masculin. Témoignages…
 

Sandrine, 48 ans, chauffeur poids lourd

Habitante de Thierville, dans l’Eure, Sandrine est conductrice super lourd (44 tonnes) depuis 20 ans. Née dans une famille de transporteurs routiers, Sandrine passait ses vacances dans le camion de son père. À la vue d’un camion, la mère de famille a les yeux qui pétillent… « Je suis en admiration devant les camions, j’adore les conduire et encore plus les manœuvrer. Quand il y a de la difficulté, des manœuvres, cela me procure de l’adrénaline ». Seule dans sa cabine à enchaîner les kilomètres, Sandrine profite de la tranquillité et accepte de préférence des missions de nuit. Si les plannings sont donnés le soir, la conductrice reconnait que c’est un métier qui nécessite de la flexibilité. « Certaines journées se passent dans le secteur et pour d’autres je vais rouler durant 500 kms, mais je mets un point d’honneur à rentrer tous les jours ». Entre 40 et 50 heures de route par semaine, la pénibilité est là pour des salaires qui ne sont « pas toujours à la hauteur ». Même si le métier est perçu comme typiquement masculin, Sandrine n’a pas spécialement été confrontée à des remarques sexistes, mais certains regards en disent long : « Quand j’arrive sur un chantier, les hommes me regardent manœuvrer parce que je suis une femme. Au quotidien, c’est quitte ou double soit macho, soit serviable. Mais sur certaines palettes à décharger qui pèsent plus de 900 kilos, hommes ou femmes, on doit s’entraider ».
 

Chloé, 26 ans, sapeur-pompier volontaire

Jeune Sapeur-Pompier depuis l’âge de 14 ans, un parcours de volontaire d’une dizaine d’années, Chloé n’est que dynamisme et motivation. Jeune femme de caractère, elle partage ses semaines entre la caserne de Caugé et sa fille d’un an et demi. Véritable passionnée, Chloé a toujours été attirée par l’univers des pompiers. « Mon oncle est sapeur-pompier à Évreux, petite je voulais passer mon temps à la caserne ! ». Au collège, elle découvre les JSP et c’est le déclic. Après avoir exercé divers emplois, Chloé souhaite poursuivre son engagement en passant le concours pour devenir professionnelle. Aujourd’hui sergent SPV, la jeune femme a des responsabilités qu’elle assume pleinement. Sociable, souriante, attentionnée et surtout très courageuse, Chloé ne considère pas le fait d’être une femme dans une caserne, composée pour les trois quarts d’hommes, comme un problème. Elle peut toujours compter sur le soutien bienveillant de ses collègues et l’esprit d’équipe lui permet de se dépasser dans les situations stressantes d’incendie ou de secours routier. « En cas d’intervention délicate, il n’y a ni femme ,ni homme, mais des pompiers. J’ai un grade de sous-officier, je me dois d’être écoutée même si je sais aussi faire preuve d’humour ». 


Mélanie, 38 ans, militaire

Engagée à l’âge de 24 ans, Mélanie est sergent de l’Escadron de soutien et de ravitaillement technique aéronautique de la BA 105. Entrepôt dépositaire pour les pièces d’avion, cet Escadron est spécialisé dans la logistique de matériels aéronautiques. Unité indispensable au bon déroulement des missions militaires, les pièces transitent dans l’entrepôt pour être ensuite acheminées par avion ou camion. De retour d’un déploiement en Arabie Saoudite durant 5 mois, la jeune femme a également effectué d’autres missions en Afrique et en Outre-Mer. « Je me suis engagée par choix, parce que j’aime la droiture, le respect et par envie de servir la France. C’est un métier où il faut être carré et faire preuve d’adaptabilité, surtout à l’étranger où l’on doit transposer nos missions avec des supérieurs différents ». 
La pratique du sport fait également partie des indispensables du métier. « Je m’entraîne trois fois par semaine, abdos, pompes, course à pied, natation… Il faut être au top physiquement pour supporter la pénibilité des missions à l’étranger parfois avec des températures égales à 54 degrés ! ». Si aujourd’hui, le taux de féminisation de l’unité est de 33 %, Mélanie a fait ses débuts uniquement auprès de collègues masculins. « Le tout est de faire sa place tout en gardant la sienne, mais de nos jours, les mentalités ont bien évolué, même s’il faut avoir du caractère ». 



Aurélie Bourgeaux
24/02/2021