À Marsauceux, chèvres et chevreaux se portent bien


Privées de la visite du public, depuis un an, les chèvres du Bois des Louvières sont éloignées de la crise sanitaire et de ses effets. Les naissances sont en cours et la fabrication des fromages bat son plein.

Deux médailles d’or pour le fromage blanc et le Sainte-Maure, une médaille d’argent pour le crottin demi-sec et une médaille de bronze pour le fromage en forme de cœur. Des reconnaissances obtenues par Laure Milhiet et son équipe au concours général agricole en février 2020 et passées sous silence pour cause de premier confinement. Laure Milhiet, éleveuse de chèvres et fromagère, et Romain Debrabant, son chef d’élevage, sont, pour la deuxième année consécutive, en pleine période de mises bas sans les visites du public, interdites par les mesures gouvernementales. « Le premier confinement nous est tombé dessus alors que les petits étaient nés, nous avions profusion de lait mais 60 % de notre clientèle en moins. C’était très dur pour nous car c’est la période où l’on regonfle un peu la trésorerie pour pallier les mois de janvier et février, moments où le lait se fait plus rare, ce qui diminue la production de fromages. De plus les gens pensaient que nous étions fermés mais en tant que commerce alimentaire la boutique reste ouverte », explique Laure Milhiet. Les conditions de travail ont été différentes mais nos médailles nous ont donnés du courage. Nous n’avons rien perdu. Les fromages frais sont devenus demi-secs. Au bout de trois semaines, les clients sont revenus en plus petit nombre mais avec des paniers plus gros. Les gens ont fait leurs courses de manière plus massive. Nous avons dû nous adapter avec l’accueil de seulement deux personnes dans la boutique, ce qui occasionnait des queues d’attente à l’extérieur mais au premier confinement, il faisait beau et les clients appréciaient de regarder les chèvres brouter leur luzerne dans le pré alors qu’ils étaient confinés chez eux. Certains profitaient de l’aubaine pour permettre à un enfant de prendre un bol d’air. À cette époque, le travail battait son plein, nous avons laissé à l’équipe, de trois salariés plus une apprentie, le choix de venir travailler ou pas. Tout le monde a répondu présent en s’adaptant pour ceux qui ont des enfants. Pas un seul cas de Covid-19 détecté dans l’entreprise. Le confinement nous a permis de découvrir des solidarités. Nous avions mis en place des systèmes de livraison grâce à des producteurs locaux avec beaucoup de précaution ». Le Bois des Louvières compte 160 chèvres avec une dizaine de boucs. Actuellement, la mise bas est en cours. Plus de 70 chèvres ont eu leurs chevreaux, reste une cinquantaine de naissances à venir. « Des chèvres qui attendent les petites heures du matin pour mettre bas. Elles attendent notre présence. Elles sont plus détendues sans la visite du public », constate Romain Debrabant.  Si la boutique reste ouverte avec ses fromages et ses produits locaux, la visite de la chèvrerie reste fermée. « Il est trop difficile de faire respecter les gestes barrières, les gens s’agglutinent autour de la salle de traite ou de la nurserie. Il n’est pas question que notre établissement devienne un cluster », indiquent les éleveurs qui regardent vers l’avenir avec l’idée de construire un appentis le long du bâtiment pour permettre aux clients de faire la queue à l’abris. L’équipe travaille aussi à l’élaboration d’un nouveau fromage à pâte pressée qui permet de passer de plus gros volumes de lait. « Dans l’agriculture, nous avons une habitude d’adaptation à beaucoup de choses comme les sécheresses ou les maladies », remarque Romain Debrabant. « La récolte actuelle de 250 litres de lait par jour va nous permettre, dès la semaine prochaine, de recommencer à fournir les professionnels », annonce Laure Milhiet.

La boutique est ouverte lundi, mercredi, vendredi et samedi, de 09h00 à 13h00 et de 15h00 à 19h00 (18h00 : couvre-feu). Dimanche de 09h00 à 13h00.
02 37 43 80 86
www.boisdeslouvieres.fr



Annie Duval-Pétrix
18/03/2021