Il suffisait d'y penser !…


Il y a seulement quelques années, les élus, les services publics... s'attachaient à élargir les rues et les voies de circulation et à les recouvrir de revêtements de goudron bien lisses. 

Autres temps, autres mœurs, maintenant, sous prétexte de sécurité, la tendance s'est inversée qui consiste au contraire à rétrécir les voies qu'on avait élargies et à en rendre le revêtement rugueux, bosselé et encombré de chicanes ou obstacles variés en ciment plus ou moins agressifs. Chacun l'a constaté, subi, il s'agit d'une évolution radicale qui concerne maintenant les rues et artères de nos villes, villages et bourgs... 

Une nouvelle « évolution » pointe le nez !

Sans remettre en cause le bien-fondé de ces obstacles divers et variés (et parfois aussi dangereux et agressifs que les excès qu'ils veulent combattre) des fuites ou rumeurs permettent de dire que la Région Centre, après de longs débats animés mais fructueux au sein des Conseils généraux et représentants de communautés, aurait accepté de servir de pilote pour une expérimentation consistant à remplacer tous les obstacles en saillie ou en relief par des trous ou des creux ou excavations plus ou moins accentués… II fallait y penser (et l'oser !) 

Cette solution présente un grand nombre d'avantages, principalement économiques : en lieu et place des constructions coûteuses et polluantes en goudron et/ou en béton, faisant appel à des engins de travaux publics eux même polluants, il suffira désormais à quelques employés de voirie municipale, munis simplement de pioches, pelles et brouettes de creuser dans la chaussée des obstacles plus ou moins profonds, plus ou moins grands, qui auront, en plus de l'évidente économie l'avantage d'être facilement adaptables et modulables très rapidement et simplement en fonction de l'effet recherché et cela de façon réversible. 

Les discussions ont parait-il été parfois assez vives et il est probable que des dispositions ne vont pas prendre effet rapidement malgré les importantes économies en vue : il est en effet apparu qu'il allait être indispensable de définir des règles et modalités d'application, par exemple, certains élus en situation financière tendue pouvant être tentés de simplement abandonner l'entretien des voies et les laisser naturellement se transformer plus ou moins rapidement en des sortes de pistes subsahariennes !… Inversement, d'autres, enthousiastes se plaisaient déjà à envisager de « paysager » les excavations ainsi crées et d'effectuer des plantations de plantes fleuries ou autres décorations… 

Donc il y a bien un consensus qui s'est dégagé, surtout en raison des formidables économies escomptées et du coté écologique de cette solution, il est néanmoins apparu nécessaire de définir préalablement des normes et des limites. Les services compétents des DDE seront mis à contribution. 

Affaire à suivre donc, ç'était : « fallait y penser »
Poisson d’avril.

Merci à Philippe LOTH de Chérisy, pour cet article fort intéressant !
Crédit photo : La Voix du Nord



Philippe Loth
01/04/2021