Le budget et la médecine à l’ordre du jour


L’accueil des médecins à Évreux et sur le territoire communautaire a occupé une large place dans la séance du conseil communautaire de L’EPN, qui s’est tenue une nouvelle fois mardi 13 avril au Cadran d’Évreux, pour des raisons sanitaires.

La séance s’est ouverte avec une délibération concernant l’attractivité économique, avec une mesure complémentaire dédiée aux restaurants dits « traditionnels », les discothèques et les débits de boissons de tout le territoire, dont l’activité est arrêtée. « Ces établissements bénéficieront d’une aide équivalente à 50 % du montant de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) pour ceux enregistrant une diminution de leur chiffre d’affaires inférieure à 50 %, et de 100 %, pour ceux dont la diminution est égale ou supérieure à 50 % » a précisé Stéphanie Auger, vice-présidente en charge de l’activité économique et du commerce à l’EPN. L’attractivité économique passait également par la cession au docteur Mohamad Chuttur, d’un terrain de 1 000 m2, où le praticien veut faire construire un bâtiment. Il y exercerait son activité, et il installerait d’autres professionnels de santé (des gynécologues, psychiatres, généralistes-urgentistes, sont notamment pressentis pour s’installer sur le site). Guillaume Rouger, conseiller d’opposition (LREM), a dégainé le premier, craignant « que ce type d’installation vide les quartiers de leurs médecins ». « Le docteur s’est engagé à faire venir uniquement des praticiens extérieurs à Évreux » a assuré Stéphanie Auger, ajoutant que l’objectif était d’avoir de nouveaux médecins à Évreux, alors que 10 d’entre-eux vont prochainement pendre leur retraite. Timour Veyri, conseiller d’opposition (PS), a également « souhaité tirer la sonnette d’alarme », s’inquiétant d’un projet « qui va attirer la population vers la périphérie ». Guy Lefrand, maire d’Évreux et président de l’EPN, a également livré son diagnostic de médecin-urgentiste. « Tout le monde sait qu’il est très difficile de faire venir des professionnels de santé sur notre territoire. On n’attire pas les mouches avec du vinaigre. Les professionnels sont prêts, mais si on leur dit non, ils iront s’installer ailleurs. Il faut être très pragmatique car un médecin s’installe où il veut. On ne va tout de même pas perdre un praticien, au motif qu’il ne s’installe pas en centre-ville ! » a lancé le président de l’EPN, rappelant les actions menées par l’Agglo pour renforcer l’offre médicale, avec l’arrivée de 5 ou 6 dentistes cet été, la création de la FAC dentaire, la vitalité de l’école d’infirmières… « Cela nuit à l’unité urbaine » a persisté Timour Veyri. Les débats ont repris avec la délibération portant sur la construction d’une maison de santé, permettant la mise en place d’un Pôle de Santé Libéral et Ambulatoire (PSLA), dans la ZAC du Long Buisson 3. Elle devrait accueillir dans deux ans une vingtaine de professionnels de santé, dont 8 médecins. Le coût de la construction est estimé à 2 540 000 euros. « Cela correspondait à l’envie de plusieurs professionnels de santé de se regrouper dans une même structure » a souligné Sylvain Boreggio, 1er vice-président de l’EPN, en charge des grands projets. « Nous avons notre mot à dire en lançant un tel investissement. Ce type de structure sert réellement d’aspirateur. Nous sommes en train de nous déconnecter de la médecine de proximité et vous allez obliger les habitants à faire 500 mètres, alors qu’un projet alternatif existait sur la friche Pablo Néruda » a protesté Guillaume Rouger. « Nous avons fait une étude avec les professionnels et ils ne veulent pas de ce site. Le projet mettrait d’ailleurs 4 ans à sortir de terre et ils n’attendraient pas. C’est rédhibitoire. Vous me faites sourire avec vos 500 mètres à parcourir. Pour le maire rural que je suis, je constate que les patients font souvent plusieurs dizaines de kilomètres pour trouver un praticien » a souligné Sylvain Boreggio. « La seule solution était de faire quelque chose à partir d’un terrain nu » a complété Emmanuel Roussel, l’adjoint aux finances d’Évreux, très impliqué dans le projet avec les médecins. Le reste des délibérations a concerné l’office de tourisme, qui a connu une année « catastrophique » en 2020, mais qui devrait réembaucher en 2021. Bruno Groizeleau, vice-président en charge des finances, avait déjà largement détaillé les grandes lignes du budget 2021, lors du dernier débat d’orientations budgétaires. « Nous conservons un haut niveau d’investissement avec 23,6 millions d’euros, pour produire un haut niveau de services publics sur tout le territoire, sans augmenter les impôts » a -t-il précisé.



Louis Lepretre
21/04/2021