La Tour de l’Horloge, 600 ans et toujours étonnante


Du haut de ses 44 mètres, la Tour de l’Horloge, plus communément appelée « Le Beffroi » rythme la vie des ébroïciens au son de la Louyse, depuis plus de 500 ans. Se démarquant des autres édifices de par sa présence unique dans le paysage normand, cette tour a traversé les siècles, empreinte d’une époque, témoin de l’histoire ébroïcienne.

Plusieurs fois remaniée mais toujours au cœur de la Cité, elle a été dernièrement mise sous les feux des projecteurs suite à la remise en mouvement de son ancienne horloge. Preuve en est qu’au fil du temps, l’histoire de la Tour de l’Horloge passionne toujours. Son origine remonte à 1403. Construite par les bourgeois, la tour doit permettre une mesure du temps bien précis afin « de rythmer la journée de travail en donnant l’heure aux habitants. Mais elle sert également de tour de guet et permet de sonner l’alarme ou guetter les champs » détaille Gilles Leblond, dans le livret « Aux sources de la Tour de l’Horloge ». Achevée en 1410, la Louyse est installée, baptisée ainsi du nom de son parrain, le dauphin Louis, fils de Charles VI. À noter que la cloche se trouve toujours dans l’actuel Beffroi. C’est en 1481 que sonne le glas pour cette tour, qui « ne répond déjà plus aux attentes des bourgeois d’Évreux et la décision est prise de l’abattre ». Sous la conduite de l’architecte-maçon Pierre Moteau, la construction de la Tour de l’Horloge dure sept ans, de 1490 à 1497. En 1512, la tour est fortifiée et une muraille la relie au château, relayée en 1590 par un souterrain. Pendant longtemps, la Louyse rythme la vie quotidienne des habitants, ouverture et fermeture des marchés, carillon, glas, tocsin pour donner l’alerte… Malgré de multiples atteintes qui lui ont été portées lors des guerres de religion et de la Fronde, les murs portent encore aujourd’hui les stigmates des boulets tirés lors des assauts. Les bombardements de la Deuxième Guerre Mondiale l’épargnent miraculeusement. Alors que tout, autour du Beffroi, est anéanti, la tour se dresse et figure telle une survivante, témoin du passé médiéval de la ville d’Évreux. La ville s’est alors reconstruite autour de son plus ancien édifice public qui avait reçu le numéro 1 lors de l’affichage des noms des rues et de la numérotation des maisons en 1786. Situé au bord de l’Iton et fort de ses 140 marches, l’édifice se pare de lumières bleues à la nuit tombée. Seul Beffroi normand encore conservé, la Tour de l’Horloge continue d’étonner avec son globe et ses 16 girouettes dorées.

Utile :
Les parchemins mentionnant les pièces de comptes sur la première et la seconde tour sont consultables aux archives municipales, 15 rue Saint-Louis à Évreux.



Aurélie Bourgeaux
21/04/2021