L’hôpital Victor-Jousselin sera reconstruit


L’hôpital de Dreux sera reconstruit. Les travaux devraient débuter dans deux ans. Projets médical et immobilier sont à l’étude pour une enveloppe d’au minimum 150 millions d’euros.

Pour la nouvelle équipe municipale, la reconstruction de l’hôpital de Dreux était une priorité. « Depuis le mois de juillet, nous travaillons sur deux fronts : l’étude médicale de l’établissement, à savoir quelles sont les spécialités conservées sur le site et l’étude immobilière. C’est un projet global qui prend en compte le bassin de vie drouais avec ses 140.000 habitants, l’agglomération et le territoire », explique Pierre-Frédéric Billet, maire de Dreux. L’hôpital est le premier employeur de la ville avec 2 000 agents salariés. « Nous avons une problématique depuis plusieurs années, l’évasion médicale. Sur un bassin de vie au niveau national on capte 75 % des actes, 25 % partent à Paris. Il y a quatre ans, nous étions à 50 % d’évasion médicale. Une évasion qui s’explique par l’attraction de la région parisienne mais aussi par un besoin de trouver des structures plus en adéquation avec le XXIème siècle », poursuit le maire. Depuis le mois de juillet, nous avons travaillé sur ce dossier avec l’ARS pour s’assurer de son soutien. Le premier ministre Jean Castex a annoncé que deux hôpitaux de la région Centre-Val de Loire sont prioritaires pour la reconstruction, Dreux et Blois, avec une enveloppe de 500 millions d’euros dont 350 millions pour l’aménagement et 150 millions pour d’autres dépenses. « Dreux est plus prioritaire que Blois car l’immeuble est vétuste. Nous allons travailler avec la préfecture. Françoise Souliman, préfet d’Eure-et-Loir, a su sensibiliser Emmanuel Macron sur ce dossier en précisant qu’il y avait des enjeux majeurs : Delpharm pour le médical et l’hôpital pour Dreux. Le dossier a pris corps. À partir du mois de juin, nous aurons des discussions navettes entre l’ARS et le Ministère de la Santé pour consolider le dossier on pourra alors officiellement le déposer pour validation auprès des services de l’État. On prendra un temps assez long pour aller dans le détail de ce que l’on fait, spécialité par spécialité. Globalement, on peut estimer que les premiers coups de pioches ne seront pas donnés avant au moins deux ans. Le premier projet comptait sur 150 millions d’euros. On ira vraisemblablement au-delà de cette somme », ajoutait Pierre-Frédéric Billet. Pour Véronique Julié, présidente de la commission médicale d’établissement, le projet médical de l’hôpital prend en compte l’évolution de la population, des pathologies et des nouvelles contraintes pour améliorer les services de pointe. « Avec le directeur, nous nous sommes entourés d’un cabinet conseil pour avoir des analyses pertinentes. Nous avons bien avancé même si les confinements successifs n’ont rien arrangé. Ce qui apparaît aujourd’hui, c’est le maintien des soins de proximité à la population sur notre bassin. Plusieurs filières méritent d’être confortées (ORL, urologie, dentaire, réanimation, imagerie, chirurgie gastro, Samu) avec des filières de recours autour des CHU comme la neurochirurgie qui n’existe pas en Eure-et-Loir. Dans ce cas, les patients seront basculés vers des établissements hors territoire ». Les professionnels drouais continuent également de fonctionner avec les établissements de Chartres, Châteaudun et Nogent-le-Rotrou dans le cadre du Groupement Hospitalier du Territoire (GHT) dont le siège est au Coudray. Cette organisation eurélienne permet d’avoir des pôles de compétences forts avec des spécialités pointues. Par exemple, à Chartres, la cardiologie est une spécialité. En définitif, le projet immobilier de l’hôpital de Dreux se fera en fonction du projet médical. Le souhait du maire de Dreux est que le futur hôpital reste sur le même site que l’hôpital actuel. Selon Pierre-Frédéric Billet : « Fin 2021, on aura la décision définitive pour ce projet ! On étudie toutes les possibilités mais il n’y aura plus de bâtiments de dix étages ».



Annie Duval-Petrix
28/04/2021