Un pan d’Histoire découvert sous la statue de Rotrou


Une boîte mémorielle a été découverte sous la statue de Rotrou. Les archives nationales ont été saisies par Damien Chantrenne, directeur du Musée d’Art et d’Histoire, pour procéder à son ouverture sans l’endommager. Que renferme-t-elle ? 

Une boîte rectangulaire en plomb, très lourde, un peu abîmée au niveau du couvercle, suscite un vif intérêt pour les férus d’Histoire et titille la curiosité des amateurs de mystères. Elle surgit du passé sans crier gare et nous invite à faire un retour sur l’Histoire de notre cité et de ses habitants. « À la faveur de la réhabilitation de la place Rotrou, la statue du célèbre dramaturge a été déplacée pour être stockée et nettoyée en attendant la fin des travaux. Le 7 juin, une boîte mémorielle a été découverte dans ses fondations », explique Damien Chantrenne. Jean de Rotrou est un dramaturge et poète français. Il est né le 21 août 1609 à Dreux où il est mort de la peste le 28 juin 1650. Une place et un lycée portent son nom dans la cité durocasse. « La statue de Rotrou est l’œuvre du sculpteur Jean-Jules Allasseur. La pierre du socle est posée le 22 octobre 1866 et la statue de bronze inaugurée le 30 juin 1867 en grandes pompes », rappelle Damien Chantrenne. La statue a été fondue par les Nazis en 1942 afin d’utiliser le métal pour l’armement de guerre. « Un moulage de sauvegarde avait été effectué ce qui a permis en 1949 de sculpter une statue en pierre presque à l’identique. On ne toucha jamais au socle sur lequel la statue était posée c’est pourquoi cette boîte mémorielle n’a jamais été découverte », précise Damien Chantrenne. « Une boîte mémorielle est une sorte de capsule temporelle, scellée au pied d’un monument lors de la pose de la première pierre. Celle de la place Rotrou date donc du 22 octobre 1866. Elle nous rappelle la plus célèbre mise à jour en 2004 dans le ventre de la statue d’Henri IV au Pont-Neuf à Paris. Elle était composée de sept boîtes avec des livres, des médailles et des parchemins. Celle de Dreux consiste en une seule boîte rectangulaire en plomb renfermant un coffret en bois contenant probablement le même type d’artefacts. On peut y trouver des médailles parfois frappées pour l’occasion, des livres, des coupures de journaux du jour pour laisser une trace de ce qu’il s’est passé à ce moment précis pour les générations futures ou bien les dons des souscripteurs s’il y a eu souscription. Un papier avec le nom du maire et des élus, si c’est un don de la municipalité », poursuit le directeur du musée qui, frappé par la découverte parisienne, rêvait de trouver un jour dans sa carrière une boîte mémorielle. La fragilité des artefacts, surtout les parchemins soumis pendant plus d’un siècle et demi à l’humidité ambiante du sol, car la boite en plomb est fêlée, doivent être manipulés avec la plus grande prudence. Seuls les spécialistes des archives nationales et les restaurateurs d’œuvres d’art connaissent les procédés et les techniques appropriés pour sauvegarder et par la suite restaurer cet héritage des Drouais pour les Drouais. En attendant, Damien Chantrenne et Clémence Poupin, chargée des collections muséales et patrimoniales, iront consulter les archives de l’Agglomération à la recherche de documents relatant la cérémonie de la pose de la première pierre de la statue de Jean de Rotrou.



Annie Duval-Petrix
23/06/2021