Pierre Taranzano, « La BD fait partie de ma vie depuis que je suis petit »


Mis à l’honneur cette année au festival BD, le dessinateur Pierre Taranzano est l’auteur de l’affiche de la 22ème édition. Vivant dans les Alpes-de-Haute-Provence, c’est un habitué du festival ébroïcien et c’est donc en tant que « fidèle » que Raphaël Tanguy lui a demandé de réaliser l’affiche.

C’est en 2007 qu’il illustre son premier album « Les Portes de Shamballah » publié en quatre volumes chez Clair de Lune. Les autres projets se sont ensuite enchaînés avec des adaptations comme « Les Thanatonautes » de Bernard Weber en trois tomes. « Cet album traite de l’exploration de la vie après la mort » explique de dessinateur. « Des scientifiques mettent des gens en état de mort clinique pour qu’ils racontent leur expérience de l’au-delà ». « L’Iliade » d’Homère en trois tomes, récit de la guerre de Troie, et « Gilgamesh » en 2019 viennent compléter la liste de ses publications. « Gilgamesh, c’est de la mythologie sumérienne, ce sont les premières légendes écrites de l’humanité, elles ont inspiré la mythologie grecque et la Bible ». Au rythme d’un album par an, Pierre Taranzano dessine depuis qu’il est enfant. Même petit, il s’adonnait déjà au dessin BD. « La BD m’a toujours attiré, elle fait partie de ma vie ». Si le style utilisé est réaliste, le dessinateur a également pris des influences des BD américaines et japonaises. S’adaptant à la série qu’il réalise, il peut adopter un style plus académique pour les récits mythologiques ou plus caricatural et semi-réaliste pour « Les Portes de Shamballah ». Appréciant le côté familial du festival eurois, Pierre Taranzano a relevé le défi de l’affiche avec brio. N’ayant pas reçu de directive particulière, il s’est inspiré des précédentes affiches pour réaliser la sienne. « Sur les affiches des éditions passées figure toujours la cathédrale. Il faut toujours reprendre un endroit emblématique qui caractérise le lieu du festival, donc à Évreux, c’est la cathédrale. Toujours représentée à l’extérieur, j’ai fait le choix de la dessiner de l’intérieur qui donne un visuel intéressant. Ce personnage en élévation avec des ailes m’est apparu naturellement et je l’ai interprété par la suite. Il s’agit de Perséphone, déesse du monde souterrain (des Enfers). Elle passe six mois sous terre car elle est l’épouse d’Hadès et quand elle sort c’est le printemps. C’est approprié car cette image visualise la fin de l’hiver « sanitaire » et le retour à la vie dont on a tous envie ».



Aurélie Bourgeaux
30/06/2021