Le projet [R] à l’étude pour la réhabilitation du Sanatorium


Le conseil municipal extraordinaire du 9 septembre, a dévoilé le projet [R], concernant la réhabilitation du site du Sanatorium des Bas-Buissons. Trois opérateurs s’unissent pour un chantier évalué à 100 millions d’euros.

Trois opérateurs sont unis pour lancer le projet de réhabilitation du Sanatorium des Bas-Buissons. Histoire et Patrimoine, spécialisée dans les opérations de réhabilitation, Kibana, expert en développement hôtelier, et Alderan, société de gestion de portefeuille immobilier. Le programme dispose de nombreux espaces accessibles au public dans trois enceintes. Il s’agit d’un hôtel de luxe, des parcs, un spa et un restaurant. L’allée patrimoniale et les jardins thématiques seront au milieu de logements, des ateliers, un restaurant, un magasin, des potagers et un espace hébergements insolites. Le projet met en avant la lettre R, un clin d’œil à qualité de l’aiR qu’on respire à Dreux. Ici, on recevait des malades qui avaient besoin de grand air. « R comme Réhabiter le site dont la clinique Laennec avec la création de 200 maisons et des logements en duplex en respectant l’architecture Art Nouveau. Des propositions de logements atypiques et adaptables allant du T2 au T6 avec jardins thématiques et restitution de l’ancien bassin. R comme Ressourcer grâce à une hôtellerie de plein air pour touristes ou citadins en recherche de nature et de confort avec une cinquantaine d’écolodges et le restaurant [R] qui servira de salon d’accueil et de réception décentralisée », confient les partenaires du projet. Le programme prévoit des ateliers pour différentes activités et pour du télétravail. L’hôtel haut de gamme verra le jour dans l’ancien préventorium avec restauration gastronomique. Un espace bien-être spa, sauna, hammam et piscine dans l’ancien Lazaret. Un pôle culturel dans l’ancien préventorium, un espace de diffusion artistique avec une programmation évènementielle, un lieu de formation artistique, des ateliers partagés et une résidence d’artistes. Dans l’ancienne maison de convalescence on trouvera une offre de coworking et des espaces de travail individuels ou collectifs. Des séminaires seront proposés dans l’ancien bâtiment de cardiologie. « En 2013, quand la ville a racheté le sanatorium, en échange foncier avec l’hôpital, la question s’est posée de savoir si on devait conserver le site. Le Covid a eu un effet positif. On a une nouvelle population qui arrive à Dreux. Nous avons rencontré Histoire et Patrimoine, filiale de Cogedim, qui restaure les bâtiments historiques. Deux opérateurs se sont greffés dessus, Alderan et Kibana. Ce projet doit revitaliser ce site exceptionnel d’une quarantaine d’hectares. Les réflexions sont bien avancées. Il s’agit du plus gros investissement privé à Dreux à hauteur de 100 millions dont plus de 76 millions pour les bâtiments », indiquait Pierre-Frédéric Billet, maire de Dreux. Un projet qui a suscité des questions de la part de l’opposition. Valentino Gambuto et Maxime David questionnent : « nous avons vu des projets sur lesquels il y avait un enthousiasme extraordinaire mais qui n’ont jamais aboutis. Sommes-nous dans une logique d’aller jusqu’au bout de ce projet ? »

Petite histoire du Sanatorium

L’ancien Sanatorium des Bas-Buissons a été une étape importante de la lutte contre la tuberculose. En 1919, Maurice Viollette, maire de Dreux, obtient le principe de la construction du sanatorium départemental. Après 10 ans de péripéties politiques et financières, il obtient des subventions de l’État et de la Croix-Rouge américaine. Le projet est confié en 1930 aux architectes Beauniée et Sarrut. Le Bois de la Muette, acquis par la ville pendant la guerre 14-18, est retenu pour la construction. On commence par le préventorium, inauguré en juin 1931, destiné à recueillir des enfants au contact de tuberculeux contagieux. En mai 1933 s’ouvre la clinique Laennec et il faudra très vite construire l’aile Villemin puis le pavillon Guersant. On finira avec quatre bâtiments pour un total de près de 700 lits. Le déclin du sanatorium est dû à l’arrivée du vaccin BCG contre la tuberculose. Il accueillera par la suite une maison de retraite et fermera en 1990 à la construction des Eaux-Vives.



Annie Duval-Petrix
23/09/2021