Une reconstitution du dernier condamné à mort de l’Eure


Depuis 2018, le Droit est célébré tous les 4 octobre avec la Nuit du Droit, événement national impulsé par Laurent Fabius, président du Conseil Constitutionnel. Le 4 octobre 2021, c’est également le 63ème anniversaire de la Constitution de 1958, c’est donc très symboliquement que de nombreuses villes françaises mettent à l’honneur le droit et la justice lors de cette Nuit du Droit. 

Dans l’Eure, c’est à Louviers, dans une Maison des Sports et des associations, transformée en tribunal que s’est déroulée cette manifestation, organisée par le tribunal d’Évreux et le Conseil Départemental d’Accès au Droit (CDAD). « Nous avons choisi Louviers car le tribunal a rouvert ses portes depuis début septembre et nous souhaitons mettre en avant la justice de proximité » précise Anne-Marie Morice, présidente du tribunal d’Évreux. Dans le cadre du 40ème anniversaire de l’abolition de la peine de mort en France, il a été choisi de permettre aux 200 personnes présentes d’assister à la reconstitution du procès pénal du dernier condamné à mort de l’Eure à avoir été exécuté, Charles Grenier. Le 1er janvier 1947, ce dernier est condamné pour le double meurtre de sa femme Pauline et de sa fille, Christiane commis dans la soirée du 31 octobre 1945. Après avoir bu un dernier verre de rhum, Charles Grenier, bûcheron, est guillotiné le 4 juillet 1947 dans la cour de la maison d’arrêt d’Évreux. Cette exécution aura été la dernière du département. Condensé en deux heures au lieu de deux jours, le procès a été mis en scène par le personnel du tribunal judiciaire d’Évreux et les avocats du barreau de l’Eure. Chaque citoyen pouvant être amené un jour à devenir juré, il en a été de même durant la soirée en tirant au sort les jurés parmi les membres du public. Au-delà de rendre la justice plus compréhensible et accessible, la soirée aura également été agrémentée de quiz interrogeant sur le système judiciaire. À l’issue du procès, le public aura eu le choix entre trois sentences possibles en imaginant que ces crimes aient été commis en 2021. À 73 %, le public a opté pour la réclusion à perpétuité à l’encontre du bûcheron. Cette soirée aura également permis d’échanger sur les féminicides ainsi que sur l’abolition de la peine de mort. « Nous vous invitons à assister à des procès car à part certains se déroulant en huis-clos, ils sont tous ouverts au public » indique Anne-Marie Morice. À vertu pédagogique, cette reconstitution a également associé des lycéens de Louviers et de Gaillon.



Aurélie Bourgeaux
11/10/2021