L’école inclusive, véritable parcours du combattant


Vendredi 19 novembre, le Réseau École Inclusive 27 organisait une soirée d’échanges entre jeunes scolarisés en situation de handicap, familles, institutions et collectivités décisionnaires à la Maison de Quartier de Nétreville. Réunissant 14 associations engagées en faveur de la scolarisation des enfants et des jeunes en milieu scolaire, le REI27 œuvre au quotidien pour favoriser la construction de l’école inclusive. 

Animé par les associations du REI27 telles que l’ADAPEI 27, l’ADEMIMC, l’APAJH 27, l’Oiseau Bleu 27, Asperger-Accueil …, cet événement n’avait pas pour objectif de mettre face à face les différents intervenants mais bien de créer des conditions d’échanges permettant de s’écouter et de mieux se comprendre. Ainsi, tour à tour, jeunes en situation de handicap, parents, directeurs d’établissement, représentants de la MDPH, de l’Éducation Nationale ont échangé autour de la question de l’inclusion, très sensible et relevant la plupart du temps du parcours du combattant. « Aujourd’hui, des avancées sont à reconnaître comme le nombre d’enfants en situation de handicap accueillis en classe ordinaire et l’élargissement de l’offre de scolarisation, de nombreux freins demeurent et la marge de progression reste importante » indique Michel Miklarz, coordonnateur du REI27. Insuffisance des capacités d’accueil, diminution du taux de scolarisation avec l’âge croissant des élèves, incapacité à garantir un parcours sans rupture, situations discriminatoires, insuffisance de formation des enseignants et des AESH sont les principaux points relevés par les familles. Virginie est la maman de Niels, 9 ans, elle a accepté de témoigner du parcours de son enfant diagnostiqué multi-dys. « À aucun moment, je ne me suis sentie entendue ni comprise et encore moins à l’écoute des besoins de mon enfant. Entre une équipe enseignante qui ne prend pas en compte la recommandation d’aménagements, la complexité des dossiers MDPH, les présences aléatoires de l’AESH que je n’ai pu rencontrer… Vivre avec un enfant qui pleure au moment d’aller à l’école, qui répète qu’il est bête, je me sens démunie ». Louis 30 ans est également multi-dys. Après un parcours scolaire chaotique, c’est une fois à la fac qu’il a rencontré l’association Handisup. « J’ai enfin eu mes aménagements pour les examens et là, je me suis rendu compte que je n’étais pas idiot. J’ai obtenu deux Masters ». La maman de Jonathan, jeune autiste de 17 ans déplore pour sa part l’arrêt du scolaire pour son fils pris en charge en IME. Autant de parcours compliqués qui démontrent que la route vers l’inclusion est encore longue et semée d’embuches.



Aurélie Bourgeaux
24/11/2021