La transhumance, une curiosité ébroïcienne


Du mardi 16 au vendredi 19 novembre, les 265 moutons du cheptel municipal d’Évreux ont cheminé à travers la ville pour la traditionnelle transhumance. Véritable moment de fête pour les ébroïciens qui ont été nombreux à se déplacer pour assister au passage des brebis, au son des cloches et des bêlements dans les rues de la ville. 

Guidée par le berger municipal Benoit Voisin, la transhumance d’automne, c’est le transfert du cheptel des coteaux de Nétreville et Saint-Michel en direction de l’hippodrome de Navarre. Seules les 40 brebis étaient concernées par ce déplacement médiatisé, le reste du troupeau ayant cheminé plus discrètement. « Elles resteront dans le parc de Navarre pour l’agnelage en mars-avril, le troupeau sera ensuite divisé en deux. Les brebis n’ayant pas eu de petits repartiront sur les coteaux de Saint-Michel et les autres rejoindront Nétreville entre la mi-mai et début juin ». Endossant le rôle de barrières mobiles, les deux chiens de Benoit Voisin, un berger de Beauce et un berger des Pyrénées l’épaulent dans sa tâche en conduisant, encadrant et déplaçant le troupeau. « Il arrive même qu’ils les attrapent pour les ramener, j’ai avec eux une grande complicité ». Au milieu des Solognotes et des Berrichonnes de l’Indre, une ânesse, le repère du troupeau. « À l’origine, elle porte le matériel. Mais là, elle protège les moutons de la prédation des animaux divagants. Elle a un rôle apaisant, le troupeau se sent en sécurité à ses côtés ». Durant ces quatre jours de cheminement, le troupeau a fait plusieurs haltes dans des groupes scolaires où les questions sont allées bon train. « Cela fait 7 ans que nous organisons ces transhumances publiques, les questions des enfants sont beaucoup plus avisées qu’avant. Le lien entre l’enfant et l’animal est devenu plus fort ». Si l’objectif est pédagogique et citoyen, il est également engagé en faveur de l’écologie. « Les coteaux sont classés Natura 2000. Évreux s’est dotée de ce cheptel au début des années 2000 ainsi que d’un berger municipal pour une gestion des coteaux en éco-pâturage. Leur présence remplace les engins, œuvre en faveur de la préservation de la faune et la flore et apporte une végétation plus diversifiée » précise Gérard Filoque, animateur de la Ville. Le constat est clair, en 7 ans, moins de déchets sont à déplorer sur les sols que broutent les moutons du cheptel ébroïcien. Le message semble donc passé. Rendez-vous au printemps, pour assister en direct aux naissances et pourquoi pas pour biberonner les agneaux.



Aurélie Bourgeaux
24/11/2021