Le devenir de l’Amicale de Navarre fait débat au conseil


Réunis lundi 13 décembre à la mairie d’Évreux, les élus ont notamment délibéré sur le budget 2022, les subventions aux associations, les tarifs de la restauration scolaire et sur la dégradation de l’Amicale de Navarre, un sujet qui a enflammé les débats.

Le rachat de la friche industrielle Aspocomp, à l’abandon depuis 2002, figurait à l’ordre du jour. « Il s’agit de 5 hectares situés près du centre-ville et c’est une vraie opportunité pour nous » a souligné Guy Lefrand, maire de la ville. Le rachat se fera à l’euro symbolique, mais le coût de dépollution sera important. Le « fonds friche » sera sollicité tout comme l’agence de la transition écologique (ADEME). Timour Veyri, conseiller municipal d’opposition (PS), approuve l’acquisition. « Nous devons redensifier l’habitat urbain, mais il faudra associer les riverains à l’avenir de ce site et nous aimerions connaître sa destination » a demandé le conseiller, relayé par Guillaume Rouger, conseiller d’opposition (LREM) qui souhaitait connaître le coût de la dépollution et le projet envisagé. « Pour l’instant, nous y réfléchissons. Il fallait profiter de l’urgence pour l’acquérir. Le coût de la dépollution dépendra de ce que nous allons construire dessus » a précisé le maire d’Évreux. Le vote du budget primitif 2022 a été assez vite expédié. « Il est identique à ce que nous avons évoqué lors du débat d’orientation budgétaire. C’est un budget qui va permettre de faire aboutir les projets que notre majorité a lancés. Il n’y aura pas d’augmentation des impôts malgré des recettes contraintes, placées sous le contrôle de l’État » a détaillé Jean-Luc Bouillie, adjoint au maire en charge des finances. Guillaume Rouger a déploré quant à lui, « un budget qui manque cruellement de visibilité. Il nous faudrait une vision plus lointaine car là, nous sommes dans un épais brouillard. C’est un budget sans grande saveur, qui manque de grandes lignes de force. Nous nous abstiendrons lors du vote ». Timour Veyri et son groupe « Évreux, Ensemble » se sont également abstenus. « C’est un budget qui traduit les orientations que vous prenez, et nous sommes très inquiets sur les finances » a lancé le conseiller d’opposition. L’augmentation de la restauration scolaire a également fait débat, après la décision d’augmenter les tarifs, entre 3 % et 18 %, en fonction des revenus. « Les plus fortes hausses vont concerner les familles les plus défavorisées » a fait observer Isabelle Colin (LREM), Nathalie Lagouge (Évreux, ensemble), rappelant que certaines familles « ne mettent plus leurs enfants à la cantine, car ils ne peuvent plus payer ». Jean-Luc Bouillie a invité les élus d’opposition à « rester sérieux ». « Il s’agit de hausses qui dans le pire des cas, portent le montant du repas de 70 à 82 centimes. 70 % du coût des repas est pris en charge par la municipalité. Nous trouvons plus normal que le coût de la cantine soit porté à 60 % par les familles, et à 40 % maximum par le contribuable » a rappelé l’adjoint aux finances, rejoint par Guy Lefrand : « Cette augmentation représente en tout et pour tout 17 euros par an, pour un enfant qui va à la cantine toute l’année ». En examinant la délibération portant sur les subventions versées aux associations, le dossier de l’Amicale de Navarre a suscité de nombreuses réactions. Jeff Cariot, adjoint au maire en charge des associations, a expliqué pourquoi la subvention attribuée à l’Amicale (125 000 €) avait été bloquée et « mise en réserve ». Il a détaillé une situation qui s’est fortement dégradée. « Cette association a perdu son agrément auprès de la CAF et elle a été incapable de rendre un projet social conforme à celui exigé par la CAF et les services de l’État. Malgré nos nombreuses relances, aucune réponse ne nous a été apportée. C’est le flou total et cela concerne également les 8 salariés de l’association, qui sont dans une totale incertitude. Les subventions n’ont pas vocation à financer des conflits internes et des dirigeants défaillants. Comptez sur nous pour recréer une structure forte dont les habitants du quartier ont besoin. On ne peut pas dire que nous n’avons pas tout fait » a assuré Jeff Cariot. « C’est un quartier qui s’est beaucoup paupérisé et il y a des difficultés grandissantes, notamment en matière de sécurité. Nous travaillons activement pour trouver une solution. Nous ne lâcherons pas le quartier de Navarre et nous allons aider l’association à repartir sur de bonnes bases » a précisé Guy Lefrand. « L’Amicale laïque de Navarre mérite mieux qu’une décision prise en fin de conseil municipal. C’est à vous de trouver des solutions et je constate qu’après 7 ans de majorité de droite, les associations tombent les unes après les autres, alors qu’elles constituaient la force de notre ville » a déclaré Timour Veyri. « Sincèrement, nous avons fait le travail. Nous n’avons encore rien arrêté pour le futur porteur mais mon objectif, c’est que cela fonctionne ! » a conclu Jeff Cariot.



Louis Lepretre
24/12/2021