Planter du miscanthus pour protéger la réserve d’eau


Christophe Barbé et Fabien Chôlin, associés d’une exploitation agricole de cultures céréalières à Garnay, ont choisi de consacrer 21 ha à la culture du miscanthus. L’action vise à la préservation de la réserve d’eau et à une diversification de l’activité économique.

L’activité battait son plein, ce jeudi matin de fin avril, sur les hauteurs de Garnay. Installés sur une planteuse à l’arrière d’un tracteur, cinq agriculteurs retraités s’activaient à la plantation d’une parcelle de miscanthus en présence de Gérard Sourisseau, président de l’Agglo du Pays de Dreux, et Jean Bartier, maire de la commune. « Nous souhaitons progresser et avoir une culture pérenne pour les 15 à 20 ans. Pour l’instant cette plantation représente 2 à 3 % de l’exploitation. Nous plantons 10 ha cette année et 11 ha sont prévus l’an prochain », indiquait Christophe Barbé.

La vertu principale du miscanthus est de préserver la qualité de l’eau potable des bassins de captage. « C’est une culture à bas niveau d’intrants en engrais et en produits phytosanitaires », indique Céline Foucart, animatrice des BAC (Bassins d’Alimentation des Captages) de Vernouillet et Vert-en-Drouais. « Ces BAC comptent 16 captages d’eau potable classés prioritaires au titre du Grenelle de l’environnement. Ils font partie des 3 % de captages français les plus pollués. Ils représentent 7.500 ha de surfaces agricoles exploitées par 120 agriculteurs et alimentent en eau potable plus de 50.000 habitants par jour dans 16 communes de l’Agglo du Pays de Dreux », détaillait l’animatrice. « Pour améliorer la qualité, l’Agglo souhaite atteindre, en 2026, 15 % de surfaces agricoles à bas niveaux d’impacts sur les BAC contre 4 % actuellement », précisait Gérard Sourisseau.

La culture du miscanthus protège la ressource en eau. Elle favorise la biodiversité et la diversification économique. Récolté au bout de deux ans, il peut être utilisé comme paillage pour les cultures ou comme bio-combustible pour les chaudières. « Cela va permettre d’avoir une ressource locale et compétitive pour alimenter la future chaufferie centrale des Bâtes », remarquaient Jean Bartier et Gérard Sourisseau. Les débouchés du miscanthus se sont développés en Eure-et-Loir avec l’installation de l’entreprise Novabiom à Champhol en 2006. Spécialisée dans le miscanthus, elle aide les agriculteurs à franchir le pas pour 2.865 € /ha pour les rhizomes, le conseil agronomique, la location de la planteuse et le transport. « Des aides financières sont accordées par l’Agence de l’eau Seine-Normandie et l’Agglo du Pays de Dreux », indiquait le président.



Annie Duval-Pétrix
28/04/2022