De Bordeaux à Paris, l'épopée cycliste de Franck Pencolé


Ancien cycliste professionnel, Franck Pencolé, normand de naissance et habitant d'Évreux, vient de relever un défi : la classique du Bordeaux-Paris. 

Créée en 1891, cette course de 600 km reliait Bordeaux à la capitale, en une seule fois. Après 86 éditions, elle s'était arrêtée. Relancée en 2014, Franck Pencolé avait remporté la deuxième place. Après un nouvel arrêt de 8 ans, le Bordeaux-Paris semble définitivement de retour. Désormais intitulée, Ultra Cycling Challenge Bordeaux-Paris, la course avait tout pour séduire à nouveau le cycliste normand. « Mon ami qui tient les Cycles Cauchois à Pacy-sur-Eure voulait qu'on la fasse, j'ai accepté ».

C'est ainsi que ce samedi 21 mai à 8h30, Franck Pencolé s'est attaqué aux 660 km de course. 8 ans après la dernière édition, le parcours a été modifié et augmenté en difficulté. « Lors de ma première participation, la distance était de 625 km et le dénivelé positif de 3500 m. Là, nous avions presque 40 km en plus et 5000 m de dénivelé. Je l'ai vraiment ressenti » raconte le sportif. À cela se sont ajoutées les fortes chaleurs qui n'ont pas aidé notre cycliste, victime d'un « gros coup de chaud au kilomètre 250 ».

Sur les routes de la Creuse, il a envisagé l'abandon, se sentant très mal physiquement. De l'eau et une boisson gazeuse plus tard, il a réussi à relancer la machine et rattraper ses 25 minutes de retard. En vingt-et-une heures non-stop, il a parcouru les 660 km à une vitesse moyenne de 32 km/h jusqu'à atteindre Paris. Trois posts de ravitaillement avaient été installés et l'aide de ses amis lui a été précieuse : « mes amis m'ont suivi et assisté lorsque j'en avais besoin » se souvient-il. C'est à 40 secondes du chronomètre du 3ème de la course que son ami et lui ont franchi la ligne d'arrivée, les plaçant ainsi 4ème et 5ème sur 600 participants.

Quand on demande à Franck Pencolé ce qu'on ressent à l'arrivée d'une telle course, voici ce qu'il répond : « on se demande pourquoi on s'inflige une telle épreuve et on se jure qu'on ne le refera jamais plus. Puis on se rend à l'évidence et on sait qu'on y reviendra ». Le goût de l'effort, le dépassement de soi et la recherche de sensation sont ses moteurs. Les jambes font le reste. « Même si mes muscles ont mis trois jours à s'en remettre, les sensations vécues sont uniques ». En attendant, Franck Pencolé continue de pratiquer le cyclisme, le VTT et le Triathlon aux quatre coins de la France, avec les membres de son association, les Win'Eure. Bravo pour cette performance ! 



Manon Brousseau
01/06/2022