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Christophe Le Dorven définit le cap pour l’agglomération

Élu président de l’Agglo du Pays de Dreux, lundi 13 avril, Christophe Le Dorven a gardé la compétence du développement économique. Dans son premier entretien à la presse, il nous confie sa vision et sa stratégie pour ce grand territoire de 81 communes.

Christophe Le Dorven président de l'Agglo du Pays de Dreux. - © Annie DUVAL-PÉTRIX
Par Annie DUVAL-PÉTRIX - Le 27 avril 2026

Quel est votre sentiment au moment de votre élection ?
C’est un retour à la proximité sur ce territoire et une vraie émotion. Le Conseil départemental bien que l’on s’occupe du quotidien des habitants nous éloigne un peu d'eux. C’est pour moi un retour à la vie municipale et les responsabilités à l’Agglo sont parfaitement compatibles avec celles d’un président de Conseil départemental.

Et pour la compétence du développement économique ?
C’est une des missions qui me manquent en tant que président du Département. Je n’ai pas le droit de me mêler de l’économie, une compétence dévolue à la Région et aux intercommunalités. Là, sur le territoire de l’Agglo du Pays de Dreux, je vais pouvoir faire de l’économie, chose qui me passionne, et c’est l’enjeu de l’Agglo pour les 15 à 20 ans qui viennent. On mettra l’accent sur l’accueil des entreprises, sur la modernisation de nos zones industrielles, commerciales, artisanales, tout en veillant à un bon équilibre territorial. On doit anticiper l’arrivée de l’autoroute A154-A120 qui va bouleverser la façon dont les entreprises vont s’implanter sur notre territoire. L’économie en Eure-et-Loir, c’est aussi l’économie agricole. Dans le résultat de prospective Eure-et-Loir 2040, on voit bien que l’économie est partout sur le territoire et dans les villages. Nous avons encore des entreprises artisanales et industrielles. On ne peut pas balayer d’un revers de main, l’agriculture, un des moteurs de notre économie.

Et la pharma ?
L’industrie pharmaceutique n’est pas un pôle de compétitivité au sens de l’État mais pour nous, ça l’est ! C’est le deuxième pôle de compétitivité du département. On pense au très gros investissement de Novo Nordisk mais la réalité est que 80 % des industries pharmaceutiques sont sur le territoire de l’Agglo. Ce qui nous a fait souffrir il y a une vingtaine d’années, c’est la perte des industries où il y avait plus de 500 personnes avec une cascade de fermetures et délocalisations. Aujourd’hui, les entreprises de petites tailles sont plus nombreuses. C’est ce qui nous permet d’avoir des amortisseurs quand une entreprise est en difficulté. Autour du site de la Radio, il y a encore des possibilités d’installation mais il y a aussi les zones qui sont déjà identifiées, depuis Houdan à Germainville qui ne demandent qu’à éclore, tout est prêt ! Il y a aussi la reconversion des friches industrielles à Dreux et Vernouillet.

Qu’est-ce-qui est faisable pour l’hôpital de Dreux ?
L’Agglo n’a pas la charge de l’hôpital puisque le président du conseil de surveillance est le maire de Dreux. En revanche, c’est tous ensemble qu’on y arrivera. Ce dossier a été porté par la direction de l’hôpital, ces dernières années. Il n’y a pas eu de volonté politique. Pour le nouveau maire de Dreux, c’est une de ses priorités. L’Agglo sera en accompagnement comme l’a été le Département et l’avait été le député Olivier Marleix pour ce dossier que continue de porter la députée Christelle Minard pour obtenir les crédits qui ont été promis. Le projet de l’hôpital c’est 235 millions d'euros. L’État a apporté beaucoup mais il reste 100 millions qui ne sont pas encore financés. Et si le projet n’est pas financé, le projet n’existe pas.

Et votre relation avec l’ancien président, Gérard Sourisseau ?
C’est une passation qui se fait en douceur. Nous avons préparé les choses ensemble avec le président Sourisseau. Le bureau qui a été élu est aussi le fruit de cette préparation. J’ai pris tous les conseils qui m’ont été donné mais évidemment j’y ai mis ma patte. J’ai en commun avec Gérard Sourisseau l’écoute. La concertation ne m’est pas pénible mais dans la méthode je suis un peu plus direct que lui. On fera le bilan avant six ans.

Que faites-vous pour le dossier spécifique des gens du voyage ?
Le dossier avance bien. On ne part pas de zéro. On récupère une situation qui perdure mais la concordance de points de vue entre la ville de Dreux et l’Agglo va grandement faire avancer le dossier. C’est Ratko Klisura qui hérite de cette lourde charge. Il aura à définir si on gère en régie les aires de grand passage où on se sert de nos propres services ou si on fait une DSP comme à Chartres Métropole.

Concernant le dossier des déchets qui incombe à Gérard Sourisseau ?
Les déchets verts n’étaient ramassés que sur une toute petite partie de l’Agglo pas sur l’ensemble des 81 communes. Il faut être extrêmement pragmatique. Il faut entendre les gens. Gérard Sourisseau fera cela très bien.

Et la mutualisation des services entre l’Agglo et la ville ?
Quand on parle de mutualisation, il faut que cela profite à tout le monde. Mutualiser, ce n’est pas simplement faire une économie. Il faut qu’elle ait comme perspective d’apporter un service à chacune des communes. C’est l’exemple des services techniques qui pourraient venir en aide aux petites communes ou encore avoir du matériel mutualisé pour des manifestations festives. Il ne faut rien s’interdire. Cela passe par des décisions prises par tous.

Christophe Le Dorven président de l'Agglo du Pays de Dreux. - © Annie  DUVAL-PÉTRIX
Christophe Le Dorven président de l'Agglo du Pays de Dreux. - © Annie DUVAL-PÉTRIX
Christophe Le Dorven président de l'Agglo du Pays de Dreux. - © Annie  DUVAL-PÉTRIX
Christophe Le Dorven président de l'Agglo du Pays de Dreux. - © Annie DUVAL-PÉTRIX

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