2 - LES DERNIERS COMBATS-RÉSISTANCE.
Débarquée sur les plages normandes le 6 juin 1944, l’armée américaine n’arrivera à Dreux pour libérer la ville de l’occupation allemande que le 16 août 1944. La bataille de Normandie fut beaucoup plus rude que prévue à cause de la résistance allemande et de la méconnaissance du terrain. Les Américains furent surpris par le bocage normand, bien différent des plaines du Texas. Pendant ces 2 mois et 10 jours, la Résistance drouaise fut particulièrement active, notamment en détruisant le viaduc de Chérisy dans la nuit du 18 au 19 juillet, en donnant de nombreux renseignements aux alliés et en récupérant, pour les cacher, des aviateurs alliés tombés de leurs avions, touchés par la FLAK (canons anti-aériens) de l’armée allemande.
Ces avions, s’ils bombardaient la France, passaient aussi au-dessus de Dreux pour lâcher leurs bombes sur les villes importantes d’Allemagne dont Berlin. Beaucoup de ces aviateurs furent tués. Encore aujourd’hui plusieurs cimetières de la région drouaise, dont celui de Dreux, recèlent des tombes d’aviateurs alliés, en particulier d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Les tombes des aviateurs Américains et Anglais ont été relevées depuis plusieurs années.
Les Allemands, secondés par la milice de Vichy, étaient particulièrement nerveux et plus agressifs. Il y eut aussi des désertions de soldats allemands comme celles des « Malgré-nous ». Depuis 1943, les jeunes hommes d’Alsace et de Moselle étaient contraints de servir dans la Wehrmacht ou la Luftwaffe. Certains de ces « Malgré-nous » stationnés à Dreux désertèrent après le 6 juin, date du Débarquement. Ils se cachèrent dans plusieurs fermes du Drouais, dans les granges à foin. Lors de la Libération, ils se rendirent à l’armée américaine. Certains rejoignirent la deuxième DB de Leclerc. Plusieurs furent tués lors des combats en Alsace. Un survivant est revenu à Dreux. Malgré un bras perdu au combat, il devint garde-barrière du passage à niveau de Saint-Denis.
Depuis le 1er février 1944, les divers mouvements de la Résistance fusionnèrent dans les F.F.I. sous l’autorité du gouvernement de Londres. Les F.F.I étaient commandées par Bernard Clavel, dit « Sinclair ».
Jeune héros de la Résistance : âgé de 20 ans, Jean-Michel Hérault avait créé en 24 heures un service de renseignements qui rendit les plus grands services aux troupes américaines. Après avoir traversé les lignes allemandes plus de sept fois, il prit contact le 13 août, dans la région de Mortagne, avec l’avant-garde de la 3e armée US du Général Patton. Il donna de précieux renseignements sur les mouvements des troupes ennemies et leurs implantations au nord et au sud d’Évreux. Grâce à ces renseignements, le XVe corps fit un bon de 100 km sans coup férir de Tourouvre à Dreux qui sera ainsi libérée sans avoir été bombardée.
Pour cet exploit, Jean-Michel Hérault avait été proposé pour une haute distinction américaine. Il fut chargé d’une nouvelle mission : rejoindre et conduire à Évreux deux officiers du War Office. Accompagné d’un jeune résistant, Pierre Miguet, il rejoignit Anet à vélo, muni d’un sac à dos contenant un poste émetteur et soigneusement cachés, dans un paquet de cigarettes, les noms des résistants d’Évreux qu’il devait contacter. À l'entrée du village de la Couture-Boussey, des Allemands jaillirent des maisons près du Château d’eau. Jean-Michel fut immédiatement abattu. Pierre, blessé, sera achevé à coup de botte et de crosse. La veille, en évoquant sa huitième mission, Jean-Michel avait confié à l’abbé Duval de Dreux « à force de tenter sa chance, on y reste un jour ou l’autre ». Une plaque commémorative près du château d’eau de la Couture-Boussey et une rue à Dreux portent le nom de Jean-Michel Hérault. À suivre...