Après l’attribution des différentes délégations aux adjoints et aux conseillers de la nouvelle majorité, sortie des urnes aux élections municipales du mois de mars, Abdel-Kader Guerza, maire de Dreux, est revenu sur les orientations budgétaires pour l’année 2026. Avant cela, le maire sortant et élu de l’opposition, Pierre-Frédéric Billet, a interpellé le nouveau maire à propos de ses déclarations de baisse de 15 % de ses rémunérations en précisant que la baisse réelle n’est que de 5 %. À quoi, Abdel-Kader Guerza a passé la parole à son adjoint chargé des finances pour préciser davantage ce chiffre.
« Outre les indemnités légales, le maire bénéficie d’indemnités forfaitaires de 6000 € par an. Monsieur Billet en a profité en intégralité durant son mandat auxquelles il a ajouté des frais de représentation de l’ordre de 30.000 € pendant les six ans de son mandat. Au total, Monsieur Billet a consommé au cours de son mandat plus de 70.000 € de frais de représentation. Au total, le maire sortant a consommé en moyenne 950 € de frais de représentation par mois pendant six ans », a souligné André Homps. De son côté, Youssef Lamrini, de l’opposition de gauche, a demandé ce que devient la voiture utilisée par Pierre-Frédéric Billet et le fonctionnaire qui la conduisait. « Aujourd’hui même, nous avons mis en vente le véhicule de fonction du maire, et j’ai signé la réaffectation du chauffeur qui était à la disposition maire. Je n’aurai pas de chauffeur ! Et je renonce à 100 % de mes indemnités de représentation ». Alors que Pierre-Frédéric Billet considérait que ces allégations comme diffamatoires à son égard, le maire de Dreux lui a promis qu’il amènerait toutes les preuves au sujet de ces dépenses.
Pour le débat des orientations budgétaires de la nouvelle mandature, Abdel-Kader Guerza s’est engagé à changer de méthode : « nous faisons le choix d’un débat démocratique réel, fondé sur la transparence, la sincérité et le partage de l’information. Les Drouais ont le droit de savoir, de comprendre et de juger les décisions qui sont prises en leurs noms. C’est une exigence simple mais essentielle et elle guidera chacune de nos décisions. » En ce qui concerne la réalité de la situation financière de la ville, Abdel-Kader Guerza a précisé que pour le moins « elle est contrainte. Elle est et sera fortement marquée par les engagements du mandat précédent. C’est le cas du chantier des Bâtes et du NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain) qui continueront de produire leurs effets pour les années à venir. » Le maire s’est engagé pour la réalisation d’un audit financier et un état des lieux qui seront partagés et communiqués aux drouais. « Cette situation ne nous empêchera pas d’agir et de mettre en œuvre notre programme. »
André Homps a ensuite pris la parole pour détailler les têtes de chapitres importants de ce premier débat d’orientation budgétaire : « le rapport a été écrit avant le début de la guerre en Iran et dans un contexte inflationniste en France. La loi des finances de cette année n’a pas baissé les dotations attribuées à la ville. Le fonds de compensation de la TVA reste intéressant pour la commune mais nous avons une hausse des frais du personnel. Nous allons être obligés de recourir à l’emprunt de façon substantielle pour répondre aux dépenses d’investissement contraints qui relèvent des choix de l’ancienne mandature. » Pour André Homps, les dépenses réelles de fonctionnement se sont élevées à 49,8 M€ dont 54 % des dépenses du personnel contre 51 % en 2019. « Il y a eu une évolution forte des dépenses du personnel. Les dépenses à caractère général se sont élevées à 16,8 M€. Les dépenses d’investissement représentent plus de 17 M€ autour du projet du pôle des Bâtes, les voiries du NPNRU, le pont de la rue Pastre et l’église Saint-Pierre. La dette est passé de 33 M€ en 2019 à 43 M€ en 2025. »
Pour ce qui est de la situation de la trésorerie, André Homps est clair : « La trésorerie est négative de -1,2M€. Le fonds de roulement et la trésorerie sont totalement épuisés. En 2019, ce fonds de roulement était à peu près de 4M€, en 2024, il était de 800.000 €. Pour financer les investissements, l’ancienne municipalité a préféré consommer l’épargne collective au lieu d’emprunter. C’est un choix municipal et électoral. Et vu qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses et que nous devons financer ces investissements, nous sommes obligés de faire appel à l’emprunt. Nous avons ouvert une ligne de trésorerie de 10 M€ auprès de la Banque et nous allons emprunter 10M€ pour financer les investissements dont 4M€ étaient déjà demandés par la municipalité précédente. »